La musculation, un allié prometteur dans la prévention du cancer du sein

Image d'illustration. Femme musculation salle de sportADN
Des études récentes mettent en avant le rôle de l’entraînement musculaire dans la prévention du cancer du sein. L’activité physique axée sur le renforcement pourrait contribuer à diminuer les risques, selon des résultats scientifiques encourageants.
Tl;dr
- L’entraînement musculaire réduit le risque de cancer du sein.
- Un excès de masse grasse reste risqué, même avec un IMC normal.
- Le sport ne fait pas tout : autres facteurs à considérer.
Musculation et cancer du sein : des bénéfices prouvés
À l’heure où la prévention du cancer du sein reste une priorité pour la santé publique, les preuves s’accumulent en faveur de l’activité physique, et plus particulièrement de l’entraînement en résistance. Plusieurs spécialistes, dont la chercheuse Elizabeth Comen, oncologue au sein de la Breast Cancer Research Foundation, insistent sur ce point : « Le développement optimal de la masse musculaire est essentiel, non seulement pour réduire les risques de cancer, mais aussi pour améliorer le pronostic chez les patientes déjà diagnostiquées ».
Une récente étude menée par le centre RUSH MD Anderson Cancer Center souligne qu’adopter une routine de musculation dès le début de l’âge adulte pourrait offrir une protection accrue. La pratique régulière d’exercices avec charges a même été associée à une diminution de 52 % du risque de développer ce type de tumeur chez les jeunes adultes.
Masse grasse : le piège derrière un IMC « normal »
Contrairement aux idées reçues, afficher un poids dit « santé » n’est pas toujours synonyme d’absence de danger. La recherche révèle que des femmes avec un IMC normal mais une forte proportion de masse grasse, en particulier au niveau mammaire, présentent un risque similaire à celui des personnes souffrant d’obésité. Ce phénomène serait notamment lié à l’inflammation chronique et à l’augmentation d’œstrogènes produits par le tissu adipeux.
Comme le souligne Comen : « Elles rentrent dans du 36 mais ont très peu de muscle et majoritairement du gras — leur risque est alors comparable à celui des personnes obèses ».
S’organiser pour s’y mettre… ou s’y remettre
Bonne nouvelle : inutile d’investir dans du matériel sophistiqué ou une salle hors de prix. Selon la docteure Irene Morae Kang, il suffit parfois d’haltères légers, voire simplement du poids du corps pour réaliser pompes, squats ou fentes. Les recommandations actuelles visent environ 150 minutes d’activité physique hebdomadaire, mêlant cardio et renforcement musculaire. Et si possible, débuter jeune offre davantage d’avantages… Mais rien n’est jamais perdu. Les bénéfices demeurent même après un diagnostic.
Les patientes atteintes devraient néanmoins consulter leur équipe médicale avant toute reprise sportive. Parmi les conseils pratiques souvent cités :
- Miser sur des exercices progressifs adaptés à sa condition physique.
- S’assurer d’une régularité plutôt que d’une intensité extrême.
- Poursuivre après traitement pour limiter récidive et complications.
D’autres leviers incontournables dans la prévention
Toutefois, il serait illusoire de croire que tout se joue sur le tapis d’entraînement. D’autres paramètres comptent tout autant : maintenir un poids stable, limiter sa consommation d’alcool et connaître ses antécédents familiaux. Certains facteurs restent malheureusement incontrôlables – âge, patrimoine génétique ou densité mammaire – comme le rappelle sobrement Comen : « Aucune hygiène de vie ne protège totalement ; nous faisons tous simplement au mieux chaque jour. »
