Certaines répartitions de graisse corporelle pourraient réduire la taille du cerveau

Image d'illustration. balance poids régimeADN
Une nouvelle étude révèle que certaines répartitions discrètes de la graisse corporelle seraient associées à une diminution du volume cérébral, mettant en lumière un lien potentiel entre l’accumulation de graisse et la santé du cerveau.
Tl;dr
- Répartition de la graisse, pas juste quantité, affecte le cerveau.
- Deux nouveaux profils « à risque » identifiés par l’étude.
- BMI seul insuffisant pour évaluer le risque neurodégénératif.
Nouveaux liens entre graisse corporelle et santé cérébrale
L’impact de la graisse corporelle sur la santé du cerveau suscite un intérêt croissant. Récemment, des chercheurs de l’Xuzhou Medical University en Chine ont analysé les données IRM de près de 26 000 personnes issues d’une base de données britannique. Âgés en moyenne de 55 ans, ces participants ont permis d’aller bien plus loin que les simples calculs d’indice de masse corporelle (BMI).
En utilisant une méthode statistique sophistiquée – la latent profile analysis (LPA) – l’équipe a réussi à classifier les individus en six groupes distincts selon leur schéma de répartition des graisses.
Des profils jusque-là méconnus sous surveillance
Parmi les découvertes majeures, deux profils jusqu’alors insoupçonnés ont attiré l’attention : le type « prédominance pancréatique », caractérisé par une accumulation de graisse autour du pancréas, et le profil dit « skinny-fat », qui rassemble des personnes à IMC moyen mais présentant des zones concentrées de graisse autour d’organes spécifiques. Ces deux catégories se sont révélées associées aux risques les plus élevés de déclin de la matière grise, de lésions de la substance blanche et d’un vieillissement cérébral accéléré.
Selon le radiologue Kai Liu, porteur du projet au sein de l’Affiliated Hospital of Xuzhou Medical University, cette approche « crée une classification fondée sur les données plutôt que sur des critères subjectifs ». Au passage, elle ébranle quelques certitudes : même avec un taux global de graisse inférieur à la moyenne, certaines répartitions sont plus nocives que d’autres.
BMI : un indicateur à relativiser ?
Si l’étude confirme une corrélation entre BMI élevé et déclin cérébral observable à l’IRM, elle suggère surtout que ce critère reste trop grossier pour évaluer le risque neurodégénératif. Les auteurs notent ainsi : « Les profils issus de notre LPA confirment ce lien tout en montrant que la distribution des graisses pourrait constituer un facteur indépendant. »
Dans le détail, on relève que chez les hommes, c’est l’accélération du vieillissement cérébral qui ressort nettement. Du côté féminin, c’est davantage le risque d’épilepsie – associé au profil pancréatique – qui intrigue.
Pistes pour la prévention et limites actuelles
Quelques nuances doivent cependant être apportées : cette recherche s’appuie sur un cliché unique dans le temps. Impossible donc d’établir une causalité directe entre graisse et santé cérébrale. De plus, tous les sujets étaient Britanniques et majoritairement d’âge moyen ; il serait donc prudent d’élargir les études à des populations plus variées.
Néanmoins, ce travail ouvre des perspectives prometteuses. Si ces profils sont confirmés dans des études ultérieures, il deviendrait possible d’anticiper certaines pathologies neurologiques grâce à une simple analyse IRM et d’envisager rapidement des mesures adaptées – qu’il s’agisse d’hygiène de vie ou encore de traitements médicamenteux ciblés. Pour reprendre les mots du Dr Liu : « La santé cérébrale ne dépend pas seulement de la quantité de graisse, mais aussi d’où elle se loge. »
