Cette protéine du côlon relance l’espoir contre diarrhée et constipation

Laboratoire avec matériel et schémas intestin
Image d'illustration. Une piste contre diarrhée et constipation. — ADN

Des chercheurs ont identifié Piezo1, une protéine qui aide l’intestin à sentir la pression. Chez la souris, son absence aggrave l’inflammation et ralentit le transit.

En bref

  • Piezo1 aide l’intestin à sentir la pression
  • Son absence ralentit le transit chez la souris
  • Une piste contre inflammation, diarrhée et constipation

Quand le transit intestinal se dérègle, ce n’est pas seulement une question de confort. Derrière, il y a aussi l’inflammation, le risque de diarrhée ou de constipation, et parfois des maladies digestives plus lourdes. C’est là que la protéine Piezo1 attire l’attention, après des travaux menés par la Harvard Medical School et l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai.

Un capteur de pression au cœur du transit

On savait déjà que l’étirement de la paroi intestinale déclenche la péristaltisme, ce mouvement automatique qui pousse les aliments dans le tube digestif. Ce qui manquait, c’était le détail du mécanisme, autrement dit la façon dont les neurones de l’intestin sentent cette force mécanique.

Les chercheurs décrivent Piezo1 comme une protéine sensible à la pression, essentielle au bon fonctionnement digestif. D’après leurs travaux, elle permet au système nerveux entérique, ce vaste réseau de neurones présent dans le tube digestif, de détecter la pression intestinale et d’ajuster la motilité. L’étude rappelle qu’environ 500 millions de neurones entériques résident dans le tractus gastro-intestinal.

Pourquoi cette découverte compte pour les maladies digestives

L’intérêt du résultat, c’est qu’il relie motilité et immunité. Les auteurs estiment que l’intestin fonctionne grâce à une action conjointe des systèmes nerveux et immunitaire, qui aide à limiter l’inflammation, comme cela peut aussi se produire dans d’autres organes, notamment le cerveau ou les poumons.

Pour Ruaidhrí Jackson, professeur adjoint d’immunologie à Harvard et co-auteur principal, la suite pourrait être très concrète. Il explique même que, avec le temps, on pourrait agir sur Piezo1 pour accélérer l’excrétion, le bloquer contre la diarrhée, ou en faire une cible pour réduire l’inflammation intestinale. Bon, on parle ici d’une piste thérapeutique, pas d’un traitement disponible demain matin.

Ce que les expériences chez la souris ont vraiment montré

Les résultats publiés dans la revue Cell viennent d’un modèle animal. L’équipe a étudié du tissu intestinal de souris dans différentes conditions de pression, en tenant compte du fait que les maladies inflammatoires de l’intestin augmentent la motilité à cause de l’inflammation.

Chez les souris atteintes d’une inflammation intestinale avec un Piezo1 intact, la défécation était plus rapide que chez les animaux où la protéine avait été inactivée. Et quand Piezo1 manquait, le problème ne se limitait pas à un transit plus lent. Les symptômes s’aggravaient aussi, avec une perte de poids et une diminution des cellules de mucus protectrices du côlon.

Clairement, la portée pratique est là. Si ces résultats se confirment dans les études cliniques à venir, Piezo1 pourrait devenir une cible pour mieux contrôler l’inflammation intestinale et, peut-être, prévenir une partie des troubles qui vont avec.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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