Cocaïne sniffée, des lésions parfois jusqu’au crâne et à l’œil

Poudre drogue
Image d'illustration. Poudre drogue — ADN

Des ORL espagnols décrivent des atteintes liées à la cocaïne bien au-delà du nez: orbite, palais, base du crâne. Avec un point clé, l’arrêt du produit.

En bref

  • La cocaïne sniffée peut atteindre l’orbite et le crâne
  • Des cas graves ont été présentés par des ORL
  • L’arrêt du produit reste la condition clé

En Espagne, plus de 792.918 personnes de 15 à 64 ans ont consommé de la cocaïne sur un an, d’après l’Observatoire Espagnol des Drogues et des Addictions, via l’enquête EDADES 2024. Et au moins 126.867 présentent un usage problématique ou à risque. Ce cadre compte, parce que les complications décrites par les médecins ne relèvent pas d’un détail anatomique: elles montrent que les dégâts peuvent aller bien au-delà du nez.

Un usage loin d’être marginal en Espagne

Les cas ont été discutés au 77e congrès de la Société Espagnole d’Oto-rhino-laryngologie et de Chirurgie de la Tête et du Cou, la SEORL-CCC. Les spécialistes y rappellent que la lésion la plus connue, la perforation de la cloison nasale, n’est qu’une partie du problème. Le palais, les sinus, l’orbite et, dans les situations les plus graves, la base du crâne peuvent aussi être touchés.

Quand les dégâts dépassent le nez

Un cas présenté par le Hospital Universitari Doctor Josep Trueta, à Gérone, concerne un homme de 36 ans qui consommait de la cocaïne depuis ses 21 ans. Admis en réanimation pour une atteinte neurologique sévère, il avait une perforation du palais.

Les examens ont montré une destruction majeure des os au centre du visage, avec extension jusqu’à la base du crâne et fuite massive du liquide qui entoure et protège le cerveau. Une chirurgie lourde a été nécessaire pour retirer les tissus détruits et fermer le défaut. L’évolution a d’abord été favorable, puis le patient a continué à consommer. Six mois plus tard, nouvelle fuite, méningite, puis décès. Les auteurs précisent que, dans les formes extrêmes, ces destructions peuvent devenir incompatibles avec la survie.

L’œil peut aussi être atteint

Autre dossier, cette fois au Hospital Universitario Ramón y Cajal de Madrid. La patiente avait perdu la vision de l’œil droit, souffrait d’une douleur résistante aux autres traitements et avait déjà subi cinq interventions pour retirer des tissus détruits dans le nez et les sinus.

Elle a finalement dû être opérée de façon radicale, avec retrait du contenu de l’orbite puis reconstruction à partir de ses propres tissus. Résultat, le geste a permis de faire disparaître la douleur qui entraînait de multiples hospitalisations.

Un tableau qui peut imiter une maladie auto-immune

Des médecins du Hospital Universitario 12 de Octubre, à Madrid, ont aussi décrit un cas piégeux. Chez une consommatrice active, les analyses retrouvaient des anticorps souvent associés à une granulomatose avec polyangéite, une maladie auto-immune grave.

Bon, cela ne prouve pas la maladie. Les auteurs expliquent que ce type de résultat peut aussi apparaître chez des consommateurs de cocaïne, d’où un vrai risque de confusion. Chez cette patiente, l’insistance sur l’arrêt a été suivie d’une amélioration nette: moins de vision double, disparition des croûtes nasales et fin des maux de tête. La large perforation de la cloison, elle, persistait. Ce que cela change pour vous est simple: même si une reconstruction est parfois possible, les équipes disent toutes la même chose, tant que la consommation continue, les lésions peuvent s’aggraver.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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