Le matcha peut-il perturber votre taux de fer ? Ce que les experts révèlent

Image d'illustration. Saisir un objet, l'un des défis imposés par la maladie de Parkinson. ADN
La consommation de matcha, ce thé vert japonais très apprécié, suscite des questions concernant son impact sur l’absorption du fer. De récentes recherches s’intéressent à ses effets potentiels sur les niveaux de fer dans l’organisme.
Tl;dr
- Le matcha peut réduire l’absorption du fer.
- L’effet est surtout notable s’il est consommé avec les repas.
- Un risque réel surtout pour les personnes à risque d’anémie.
Quand la tendance matcha inquiète : un risque pour le fer ?
Longtemps réservé à la tradition culinaire japonaise, le matcha s’est hissé au rang de boisson star dans les cafés et sur les réseaux sociaux, notamment chez les influenceurs TikTok. Or, depuis quelques mois, une rumeur insistante se propage : cette poudre verte « healthy » nuirait à nos niveaux de fer, jusqu’à favoriser l’anémie ferriprive. Certains créateurs, à l’image de Yumi, cumulent des centaines de milliers de vues en affirmant que « le matcha bloque l’absorption du fer ». D’autres vont jusqu’à raconter avoir troqué leur latte pour une alternative censée être plus sûre.
Tannins et absorption du fer : démêler le vrai du faux
Qu’en disent les spécialistes ? C’est la présence élevée de tannins – des antioxydants aussi étudiés pour leurs effets protecteurs contre certaines maladies – qui soulève l’inquiétude. Ces composés ne se retrouvent pas uniquement dans le thé vert : café, chocolat ou certains légumes verts en contiennent également. Mais le matcha concentre ces substances à des doses particulièrement élevées. Une étude ancienne évoque un taux d’EGCG (un type de tannin) jusqu’à 137 fois supérieur à celui du thé vert classique.
Plusieurs éléments expliquent cette inquiétude :
- Les tannins réduisent la biodisponibilité du fer lors d’un repas riche en ce minéral.
- L’effet semble amplifié si la consommation est fréquente et immédiate après avoir mangé.
- Certaines populations sont plus vulnérables : femmes enceintes ou allaitantes, personnes ayant des règles abondantes, végétariens, ou encore malades souffrant de troubles digestifs chroniques.
Consommer du matcha sans risque : conseils d’experts
Selon Sapna Peruvemba, diététicienne aux États-Unis, il n’y a pas lieu à l’alarmisme généralisé. Pour la majorité des personnes en bonne santé, boire une tasse quotidienne de matcha (environ 70-80 mg de caféine) n’entraîne pas de chute brutale du fer. En revanche, tout est question de timing : « L’idéal reste d’espacer la prise d’au moins une à deux heures par rapport aux repas ou compléments riches en fer. » Cette précaution permettrait de limiter l’interaction entre tannins et absorption intestinale.
L’experte rappelle également que toutes les formes ne se valent pas : un dessert glacé au matcha contient bien moins de poudre qu’une infusion traditionnelle. Limiter sa consommation quotidienne à une tasse paraît raisonnable pour ceux qui s’inquiètent. Surtout, il ne faut pas négliger le reste du régime alimentaire : privilégier des aliments riches en fer (viande rouge, lentilles, quinoa…) et associer ces derniers à des sources de vitamine C (poivron, brocoli…) favorise naturellement une meilleure assimilation.
L’équilibre avant tout
En définitive, si la prudence s’impose chez les profils déjà fragilisés par un déficit en fer, le matcha reste un allié « bien-être » intéressant pour nombre d’adultes. À condition toutefois de ne pas négliger son contexte alimentaire global… ni céder trop vite aux alarmes virales qui fleurissent sur Internet.
