Les ultra-marathons pourraient endommager les cellules sanguines, alertent des chercheurs

Image d'illustration. Gr20 UltraTrailADN
Selon une étude récente, la pratique des ultra-marathons pourrait avoir des effets nocifs sur les cellules sanguines. Les chercheurs alertent sur les risques potentiels pour la santé liés à ces efforts physiques extrêmes.
Tl;dr
- Ultra-marathons endommagent les globules rouges.
- Les conséquences à long terme restent incertaines.
- Parallèles possibles avec la conservation du sang médical.
Des globules rouges mis à rude épreuve par l’ultra-endurance
Si la performance humaine atteint ses limites lors des courses d’ultra-marathon, c’est au prix de changements inattendus dans le sang, selon une étude internationale récente. Les chercheurs ont observé que chez les coureurs engagés sur des distances extrêmes, comme le célèbre Ultra Trail du Mont Blanc (171 km), les globules rouges subissent un stress considérable, menant à une perte de flexibilité qui pourrait compromettre leur capacité à transporter l’oxygène et évacuer les déchets dans l’organisme.
Un stress cellulaire difficilement réparable
Pourquoi ces cellules sanguines sont-elles si vulnérables ? Contrairement à beaucoup d’autres, les globules rouges ne disposent pas de noyau et sont incapables de renouveler leurs protéines, ce qui rend la réparation impossible après l’effort. Or, comme l’explique le biochimiste Travis Nemkov (University of Colorado Anschutz) : « No us n’avons pas de directives claires pour dire si ces épreuves doivent être évitées ou non. Mais il est certain que ce stress répété endommage la cellule la plus abondante du corps humain. »
Des analyses réalisées sur 23 coureurs élites ayant participé soit à un parcours « court » (Martigny-Combes à Chamonix, 40 km), soit au fameux ultra-marathon, montrent que les atteintes observées – qu’elles soient d’ordre mécanique ou moléculaire – sont nettement plus prononcées sur les longues distances.
L’impact réel demeure flou
L’accélération du vieillissement cellulaire ne se manifeste pas seulement par une rigidification accrue ; chez les ultra-marathoniens, elle va jusqu’à saturer un mécanisme réparateur appelé cycle de Lands. Ce processus peine alors à suivre le rythme effréné imposé par l’épreuve. Pourtant, comme le concède Nemkov, « nous ignorons combien de temps il faut au corps pour récupérer et si ce dommage a un effet durable, bénéfique ou néfaste. »
Il convient toutefois de nuancer ces résultats : l’échantillon reste limité et d’autres paramètres varient entre les courses (rythme, dénivelé…). De plus, rien ne démontre ici un lien de cause à effet certain, d’autant que des études antérieures indiquent une longévité supérieure chez les athlètes élites.
Nouveaux horizons pour la médecine transfusionnelle ?
Fait surprenant : les lésions détectées rappellent celles constatées lors du stockage du sang destiné aux transfusions. Selon le biochimiste Angelo D’Alessandro, « Cela ouvre une fenêtre fascinante sur les mécanismes communs entre sport extrême et conservation sanguine. » Cette découverte pourrait bien inspirer de nouvelles approches pour préserver la qualité du sang utilisé en médecine, élargissant ainsi la portée scientifique de cette recherche bien au-delà des pistes escarpées des ultra-marathons.
