Une étude montre que beaucoup d’adultes respectant les recommandations alimentaires n’atteignent pas le niveau de flavanols associé à un bénéfice cardiovasculaire.
- 500 mg de flavanols restent difficiles à atteindre
- Moins d’un quart y parviennent
- Les aliments entiers restent à privilégier
Cinq portions par jour, et pourtant ça ne suffit pas toujours. Une étude publiée dans Food et Function montre que beaucoup d’adultes qui mangent déjà assez de fruits et légumes n’atteignent pas le niveau de flavanols associé, dans les travaux récents, à un possible bénéfice pour la santé cardiovasculaire.
Le seuil utile n’est pas atteint par la majorité
Les chercheurs se sont appuyés sur deux grands ensembles de données, EPIC-Norfolk au Royaume-Uni et l’essai américain COSMOS. Au total, plus de 30 000 participants ont été étudiés à partir de questionnaires alimentaires et de marqueurs urinaires de flavanols.
Le point de repère vient de COSMOS. Dans cet essai, les participants prenant chaque jour un extrait de cacao apportant 500 mg de flavanols avaient un risque de décès cardiovasculaire inférieur de 27 % à celui du groupe prenant une multivitamine. La nouvelle étude a donc regardé si ce niveau de 500 mg pouvait être atteint avec l’alimentation seule. Résultat, même parmi les personnes respectant les recommandations, moins d’un quart y arrivaient.
L’auteur John Erdman explique que suivre les consignes générales sur les fruits et légumes ne garantit pas un apport suffisant en flavanols pour le cœur.
Tous les fruits et légumes ne jouent pas dans la même catégorie
Le problème, c’est la variabilité. Un aliment végétal peut être riche en flavanols, un autre beaucoup moins, même s’ils comptent tous deux dans vos portions quotidiennes.
L’exemple donné par l’étude parle tout de suite. Environ trois prunes pourraient apporter 500 mg de flavanols, alors qu’il faudrait près de quatorze nectarines jaunes pour atteindre le même niveau. Parmi les aliments cités comme plus riches, on trouve les pommes, le thé, les raisins, les baies, les poires et les légumineuses.
Ce qu’il faut retenir pour l’alimentation quotidienne
Mais attention à ne pas transformer ce résultat en obsession. Les cardiologues interrogés rappellent qu’on ne sait pas encore si 500 mg de flavanols consommés via des aliments ont exactement le même effet que dans un complément à base de cacao. Bharat Sangani le résume ainsi : « La biodisponibilité des aliments entiers par rapport à une gélule n’est pas toujours équivalente ».
Et les flavanols ne font pas tout. Les légumes-feuilles apportent des nitrates, les tomates du lycopène, les végétaux du potassium et des fibres, tous utiles pour le système cardiovasculaire. John Higgins recommande donc de continuer à manger fruits et légumes, en ajoutant plus souvent des choix riches en flavanols, comme des baies au petit-déjeuner, une pomme en collation, des haricots au repas ou une tasse de thé non sucré.
Son autre point est très clair : il vaut mieux privilégier les aliments que les suppléments, plus cohérents avec la prévention actuelle et plus complets sur le plan nutritionnel.