Aucune méthode n’a aujourd’hui prouvé qu’elle repousse la ménopause. En revanche, certains facteurs pèsent sur son arrivée et sur les risques pour la santé.
En bref
- Aucune méthode validée ne retarde la ménopause
- La génétique pèse lourd dans le calendrier
- Le vrai enjeu reste la santé globale
Retarder la ménopause fait parler, mais le point de départ est simple, il n’existe aujourd’hui aucune stratégie prouvée pour la repousser. C’est la ligne tenue par les spécialistes interrogés, alors même que l’idée circule beaucoup sur les réseaux et dans l’univers de la longévité.
La vraie question n’est pas seulement la fertilité
On réduit souvent la ménopause à la fin des règles et à la possibilité d’avoir un enfant. C’est trop court. Berenice Benayoun, de l’University of Southern California Leonard Davis School of Gerontology, rappelle que les ovaires diminuent progressivement leur production d’œstrogène et de progestérone pendant la périménopause puis la ménopause.
Or ces hormones ont aussi un rôle protecteur dans l’organisme. Leur baisse est associée à une liste de problèmes de santé qui s’allonge, notamment les maladies cardiaques, l’AVC et l’ostéoporose. C’est aussi pour cela qu’une ménopause plus tardive a été liée à un risque plus faible de ces troubles au cours de la vie, ainsi qu’à une espérance de vie plus longue. Lien observé, pas promesse mécanique, nuance importante.
Ce qui peut avancer, ou parfois protéger, le calendrier
Le facteur le plus solide reste la génétique. Kara Goldman, endocrinologue de la reproduction à la Northwestern University Feinberg School of Medicine, explique que l’âge de la ménopause chez la mère est fortement corrélé à celui de la fille.
D’autres éléments peuvent accélérer le vieillissement ovarien, comme une chimiothérapie ou des expériences difficiles durant l’enfance. À l’inverse, certaines habitudes, exercice fréquent et alimentation de type méditerranéen, sont associées à un risque plus faible de ménopause précoce. Pas parce qu’elles repousseraient directement l’échéance, mais parce qu’elles soutiennent la santé métabolique.
Là, on touche à la voie mTOR, impliquée dans la croissance et la reproduction. Une mauvaise santé métabolique peut augmenter son activité, favoriser la perte de follicules dans les ovaires et accélérer leur vieillissement. Et le tabac reste un mauvais signal, clairement.
Les pistes à la mode sont loin d’être prêtes
La piste la plus sérieuse sur le plan scientifique s’appelle la rapamycine. Ce médicament inhibe la voie mTOR et a montré, chez la souris, un effet protecteur sur le vieillissement ovarien. Mais chez l’humain, les travaux n’en sont qu’au début. Trop tôt pour en faire un usage courant dans ce but.
À côté, d’autres méthodes sont mises en avant, comme la thérapie par lumière rouge ou l’oxygénothérapie hyperbare, qui consiste à respirer de l’oxygène pur dans un caisson pressurisé. Selon Kara Goldman, il n’existe pas de données solides montrant un effet sur le calendrier de la ménopause. Ces techniques peuvent aussi comporter des risques, même rares.
Mieux vivre la transition, c’est là que les médecins insistent
Plutôt que de viser un report hypothétique, les médecins conseillent de réduire les risques pour la santé autour de cette période. Juliana Kling, de la Mayo Clinic à Scottsdale, cite le sommeil suffisant, la gestion du stress, moins d’alcool et moins d’aliments transformés.
Certaines femmes peuvent aussi tirer bénéfice d’un traitement hormonal substitutif, sous forme de comprimés, patchs ou autres produits remplaçant l’œstrogène et la progestérone. Berenice Benayoun estime même que c’est la meilleure façon d’adoucir la transition et d’atténuer ses effets négatifs sur la santé. Le message de fond, lui, ne change pas. La ménopause reste un phénomène naturel, et le vrai sujet pour vous, c’est d’avoir les bons outils pour la traverser.