Un indice de masse corporelle élevé accroît le risque de cancer du sein après la ménopause chez les femmes

Image d'illustration. Ruban rose, symbole de la lutte contre le cancer du seinADN
Chez les femmes ménopausées, un indice de masse corporelle élevé s’accompagne d’une hausse du risque de cancer du sein. L’excès de poids apparaît ainsi comme un facteur aggravant, influençant directement la probabilité de développer la maladie après la ménopause.
Tl;dr
- IMC élevé augmente le risque de cancer du sein.
- Risque accru chez les femmes ménopausées avec maladie cardiaque.
- Surpoids lié à plusieurs cancers, pas seulement mammaires.
L’IMC élevé : un facteur de risque sous-estimé
Les dangers associés à un IMC élevé ne se limitent pas aux maladies métaboliques classiques. Au fil des années, la communauté scientifique a accumulé des preuves indiquant que l’excès de poids peut aussi accentuer le risque de cancer du sein, notamment après la ménopause. Pourtant, le lien n’est pas toujours perçu comme évident par le grand public.
Cœur et cancer : une association inquiétante
Une vaste étude coordonnée avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et publiée dans la revue CANCER, vient renforcer cette préoccupation. En analysant les données médicales de plus de 168 000 participantes issues des cohortes EPIC et UK Biobank, les chercheurs ont découvert un signal net : chez les femmes ménopausées, chaque hausse de cinq points d’IMC multiplie par 1,31 le risque de développer un cancer du sein en cas de maladie cardiovasculaire préalable – et par 1,13 même sans pathologie cardiaque.
Pour donner corps à ces chiffres, les scientifiques estiment que ce cumul de facteurs – surpoids et antécédents cardiaques – entraînerait jusqu’à 153 cas supplémentaires annuels pour 100 000 femmes concernées. La présence simultanée de ces deux conditions agit ainsi comme un véritable accélérateur du risque oncologique.
Mécanismes biologiques en cause
Pourquoi ce sur-risque ? Plusieurs processus entrent en jeu :
- Tissu adipeux produisant davantage d’œstrogènes après la ménopause ;
- Niveau élevé d’insuline et d’IGF-1, favorisant la prolifération cellulaire anormale ;
- Inflammation chronique basse intensité, reconnue pour son rôle dans divers cancers ;
- Diminution naturelle de l’élimination des cellules défectueuses.
Ces déséquilibres se manifestent tout particulièrement chez les femmes après la ménopause, période où les défenses hormonales s’amenuisent.
Dépistage et prévention : priorité aux femmes ménopausées
Le surpoids n’accroît pas uniquement le risque mammaire : il est aussi relié à au moins douze autres formes de cancer – utérus, foie, reins ou encore côlon, selon une publication récente dans Nature Communications. Face à cela, les experts recommandent aux femmes ménopausées non seulement de surveiller leur IMC mais aussi d’adopter une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et un suivi rigoureux des paramètres cardiaques. Enfin, pour celles ayant cumulé ces risques, un dépistage mammaire adapté pourrait faire toute la différence.
L’enjeu n’a jamais été aussi crucial alors que l’obésité progresse partout dans le monde. Sensibiliser sur cette réalité pourrait permettre d’inverser une tendance lourde en santé publique.
