Un médicament courant pourrait offrir de nouveaux espoirs aux personnes atteintes de maladies du foie

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Image d'illustration. Rayon Pharmacie — ADN

Un médicament largement utilisé suscite l’espoir chez les personnes atteintes de maladies du foie. Des études récentes suggèrent qu’il pourrait améliorer leur état de santé, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles options thérapeutiques pour ces patients.

  • Dapagliflozine améliore nettement la MASH et la fibrose hépatique.
  • Essai clinique : bénéfices constatés chez 154 patients en Chine.
  • Des études à plus grande échelle restent nécessaires.

Un médicament antidiabétique face aux maladies du foie

L’horizon s’éclaircit peut-être pour les personnes atteintes de maladie hépatique sévère. Un essai clinique mené récemment en Chine, dont les résultats viennent d’être publiés dans le prestigieux journal The BMJ, met en lumière le potentiel inattendu de la dapagliflozine, un médicament connu pour son usage contre le diabète de type 2.

Ce traitement, appartenant à la classe des inhibiteurs SGLT-2, aurait ainsi permis d’améliorer des affections jusqu’ici difficiles à traiter comme la MASH (stéato-hépatite métabolique) et la fibrose hépatique. Rappelons que la maladie du foie provoque près de deux millions de décès chaque année, soit environ 4 % de la mortalité mondiale.

Résultats marquants d’un essai clinique chinois

Concrètement, l’étude a été réalisée sur 154 adultes diagnostiqués avec une MASH, suivis pendant quarante-huit semaines dans six centres hospitaliers chinois. Presque tous étaient des hommes, âgés en moyenne de 35 ans, et près de la moitié présentaient également un diabète de type 2. Après une répartition aléatoire, les participants recevaient soit 10 mg de dapagliflozine, soit un placebo quotidiennement. Les chercheurs ont suivi divers marqueurs comme le poids corporel ou les enzymes hépatiques.

Au terme des 48 semaines, les résultats sont sans ambiguïté : plus de la moitié des patients sous dapagliflozine ont vu leur MASH s’améliorer sans aggravation de leur fibrose (53 % contre 30 % sous placebo). La résolution complète de la MASH a même été observée chez près d’un quart du groupe traité. Les cas d’effets indésirables entraînant l’arrêt du traitement sont restés rares.

Une avancée à confirmer

Si cette étude apporte un nouvel espoir face à des pathologies dont l’issue reste souvent sombre — rappelons qu’environ 5 % des adultes souffrent de MASH et que ce chiffre grimpe à 30 % chez les personnes diabétiques ou obèses — les auteurs insistent sur plusieurs points. D’abord, ces travaux concernent exclusivement une population chinoise, limitant la généralisation des conclusions à l’échelle internationale. Ensuite, ils appellent à mener des essais plus larges et prolongés pour évaluer l’efficacité et la sécurité du traitement sur le long terme.

On retiendra tout de même que selon eux : « La dapagliflozine pourrait agir sur plusieurs aspects essentiels de la MASH en améliorant à la fois la stéatohépatite et la fibrose ». Pour aller plus loin, ils suggèrent que le choix thérapeutique devra se personnaliser à mesure que d’autres molécules émergent sur ce terrain encore peu exploré.

Des perspectives nouvelles pour les patients ?

La prise en charge personnalisée devient peu à peu un objectif clé : il faudra privilégier les traitements offrant aussi un bénéfice cardiovasculaire avéré, une tolérance éprouvée et une accessibilité large. Si l’on n’est pas encore tout à fait au bout du chemin, une étape importante vient sans doute d’être franchie dans le combat contre les maladies hépatiques progressives grâce à ce médicament antidiabétique déjà bien connu du corps médical.