Un nouveau traitement promet une guérison fonctionnelle contre un virus hépatique redoutable

Image d'illustration. Représentation artistique de la santé du foieADN
Un nouveau médicament prometteur pourrait permettre de contrôler efficacement un virus du foie potentiellement mortel. Cette avancée ouvre la voie à une prise en charge révolutionnaire pour les millions de personnes concernées par cette infection grave.
Tl;dr
- Un nouveau traitement promet une « cure fonctionnelle » pour l’hépatite B.
- Environ 20 % des patients ont pu arrêter leurs médicaments.
- Des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer la durée de l’effet.
Une avancée inédite contre l’hépatite B
Jusqu’ici, obtenir une véritable « guérison fonctionnelle » face à l’hépatite B chronique restait un objectif lointain. Mais jeudi, deux études internationales ont mis en lumière les résultats d’un médicament expérimental qui pourrait changer la donne : le bepirovirsen, surnommé « bepi », développé conjointement par GSK et Ionis Pharmaceuticals. Selon ces travaux publiés dans le New England Journal of Medicine, environ un patient sur cinq ayant reçu ce traitement innovant a vu son virus réduit à des niveaux indétectables, permettant au système immunitaire de garder le contrôle même après l’arrêt des médicaments habituels.
Bepi : vers une révolution thérapeutique ?
Alors que les traitements actuels – souvent des pilules quotidiennes – visent seulement à freiner la progression du virus, leur efficacité reste limitée, en particulier parce que l’hépatite B sait se dissimuler dans l’organisme et reprendre le dessus si la thérapie s’interrompt. Or, avec cette nouvelle approche, il devient envisageable de stopper entièrement les traitements pour certains malades. D’après le professeur Seng Gee Lim, du National University Health System of Singapore, qui a co-dirigé les essais financés par GSK, « nous n’avions jamais atteint un tel niveau de guérison jusqu’à présent ». Pourtant, prudence oblige : « des recherches complémentaires seront indispensables pour évaluer la stabilité de cette rémission sur le long terme », tempère la spécialiste Anna Lok, de l’Université du Michigan, qui n’a pas participé à l’étude.
L’étude et ses premières limites
Dans ces essais menés auprès de 1 838 patients répartis dans plusieurs pays, les participants recevaient chaque semaine soit une injection de bepi, soit un placebo en plus de leur traitement classique pendant six mois. Ceux dont le virus restait indétectable six mois après l’arrêt du traitement pouvaient alors interrompre définitivement leurs médicaments. Au total, près de 20 % des personnes traitées par bepi ont ainsi connu une période sans aucun signe du virus – un résultat inédit comparé au groupe placebo. Certains facteurs semblent jouer : des taux initiaux plus bas d’une protéine clé (« S ») favoriseraient cette réponse.
Diverses perspectives, mais aussi des questions ouvertes
Rappelons que chaque année, près de 1,1 million de personnes meurent encore des suites d’une infection chronique par ce virus capable d’entraîner cirrhose ou cancer du foie. Même si un vaccin efficace existe pour prévenir l’infection, plus de 250 millions d’individus vivent aujourd’hui avec la forme chronique d’hépatite B. Les autorités sanitaires américaines (FDA) examineront prochainement la demande d’autorisation du bepi ; d’autres régulateurs, notamment en Europe et en Asie, évaluent également ce dossier. Quelques effets secondaires ont été relevés – douleurs au point d’injection ou hausse transitoire des enzymes hépatiques –, mais rien d’alarmant selon les premiers résultats. Toutefois, certaines populations – comme les patients atteints de cirrhose ou présentant des facteurs aggravants – n’ont pas encore été incluses dans ces essais cliniques.
Si ces découvertes marquent une étape prometteuse vers une éventuelle cure fonctionnelle de l’hépatite B, les spécialistes restent attentifs à la suite des recherches et aux prochaines validations réglementaires.
