Un spray nasal redonne la mémoire à des souris âgées, révèlent des chercheurs

Image d'illustration. Modèle de cerveau en gros planADN
Des chercheurs ont réussi à améliorer la mémoire de souris âgées grâce à un spray nasal. Cette avancée prometteuse suggère une méthode non invasive pour atténuer le déclin cognitif lié à l’âge, ouvrant la voie à de nouveaux traitements.
Tl;dr
- Spray nasal réduit l’inflammation cérébrale chez la souris.
- Effets positifs sur la mémoire et le vieillissement.
- Vers une future thérapie humaine contre la démence.
Un spray nasal pour contrer le déclin cognitif ?
Face à l’urgence croissante des maladies liées à l’âge, une équipe de Texas A&M University fait aujourd’hui parler d’elle avec un nouvel espoir : un spray nasal capable de réduire l’inflammation cérébrale et de restaurer les fonctions de mémoire chez la souris. Cette innovation vise à cibler précisément le phénomène de neuroinflammaging, considéré par les chercheurs comme l’un des principaux moteurs du déclin cognitif lié au vieillissement.
Un mécanisme novateur ciblant les cellules du cerveau
À la différence des approches conventionnelles, cette technique repose sur l’utilisation de millions de minuscules bulles biologiques, baptisées vésicules extracellulaires (EVs), dérivées de cellules souches humaines. Ces EVs sont riches en protéines et instructions génétiques, dont des microARN qui agissent comme de véritables régulateurs des signaux d’alerte dans le cerveau. L’objectif affiché par l’équipe : atteindre directement les zones inflammatoires du cerveau, notamment au niveau des microglies – ces cellules immunitaires essentielles logées dans l’hippocampe, une région cruciale pour la mémoire.
Selon le neuroscientifique Ashok Shetty, « Une solution simple comme un spray nasal en deux doses pourrait demain remplacer des interventions invasives ou d’interminables traitements médicamenteux. » Les résultats s’avèrent d’autant plus encourageants qu’ils sont jugés universels : « L’efficacité était similaire chez les mâles et les femelles. »
Mémoire restaurée et inflammation réduite chez les souris âgées
Chez des souris équivalentes à des humains âgés de 50 à 70 ans, deux doses espacées de deux semaines ont suffi pour constater une nette amélioration. Les rongeurs traités ont surpassé ceux du groupe témoin lors de tests cognitifs mesurant la reconnaissance d’objets et la mémoire spatiale. Sur le plan cellulaire, les analyses ont révélé que les microARN contenus dans les vésicules avaient permis aux microglies de retrouver un fonctionnement normal, en limitant le stress oxydatif et en réactivant la production d’énergie mitochondriale.
Voici ce que permet concrètement cette nouvelle approche :
- Diminution directe de l’inflammation chronique dans le cerveau.
- Amélioration observable des capacités mnésiques.
- Simplicité d’administration par voie nasale.
Vers des essais cliniques humains ?
Alors que chaque année près d’un million de nouveaux cas de démence pourraient apparaître aux États-Unis d’ici à 2060 selon certaines projections, ces avancées suscitent un réel engouement. D’autres études sur animaux suggèrent déjà que des traitements similaires pourraient faciliter la récupération après AVC ou traumatisme crânien. Bien sûr, il reste une étape majeure : valider ces résultats chez l’humain. Mais pour les chercheurs impliqués, il s’agit bien là d’une voie prometteuse vers un « vieillissement cérébral réussi : vivre plus longtemps, mais surtout rester alerte et connecté aux autres. » Une promesse encore fragile, mais qui rejoint une tendance actuelle : tout mettre en œuvre pour protéger notre cerveau contre l’usure du temps.
