Découverte majeure : une bactérie AUN élimine les tumeurs sans l’aide du système immunitaire

Image d'illustration. Panneau de La ligue contre le cancerADN
Des chercheurs ont mis au point un traitement expérimental contre le cancer, utilisant une bactérie appelée AUN capable d’éliminer des tumeurs de façon autonome, sans nécessiter l’appui du système immunitaire pour détruire les cellules cancéreuses.
Tl;dr
- Nouvelle thérapie AUN cible le cancer sans immunité.
- Deux bactéries agissent ensemble pour détruire les tumeurs.
- Espoir pour les patients exclus des immunothérapies.
Une avancée inattendue dans la lutte contre le cancer
Depuis plus d’un siècle, le combat contre le cancer s’articule autour de l’idée d’armer notre propre système immunitaire. Des premiers essais menés par William Coley à la fin du XIXe siècle jusqu’aux récents inhibiteurs de points de contrôle et aux cellules CAR-T, l’immunothérapie a transformé la cancérologie moderne. Mais un obstacle majeur subsistait : une efficacité limitée chez les patients dont l’immunité est fragilisée par la maladie ou les traitements lourds.
L’approche AUN : réinventer la thérapie bactérienne
C’est au sein du Japan Advanced Institute of Science and Technology (JAIST) qu’un groupe de chercheurs, dirigé par le professeur Eijiro Miyako, a dévoilé une alternative audacieuse. Leur nouvelle thérapie, baptisée AUN, s’inspire du passé – où les infections bactériennes avaient parfois provoqué la régression de tumeurs – mais avec une maîtrise scientifique inédite. Là où l’immunothérapie échoue faute d’un système immunitaire robuste, AUN agit sans en dépendre.
Une alliance bactérienne unique au cœur de la tumeur
La force de cette méthode repose sur la synergie entre deux bactéries soigneusement sélectionnées :
- A-gyo (Proteus mirabilis) : cible et attaque directement les cellules cancéreuses ainsi que leurs vaisseaux sanguins.
- UN-gyo (Rhodopseudomonas palustris) : régule l’action de sa partenaire pour limiter tout risque infectieux incontrôlé, tout en renforçant l’efficacité tumoricide.
Injectées selon un dosage précis – à peine 3 % d’A-gyo au départ contre 97 % d’UN-gyo –, ces bactéries inversent ce rapport dès leur entrée dans la tumeur, assurant un effet maximal sur les cellules malignes tout en contrôlant étroitement les effets secondaires. Ce jeu d’équilibre, inspiré du concept japonais d’aun, se révèle décisif.
Perspectives cliniques et bouleversement des paradigmes actuels
Contrairement aux traitements classiques, AUN fonctionne même chez des modèles animaux privés de défenses immunitaires ; aucun syndrome inflammatoire sévère n’a été constaté lors des essais précliniques. L’équipe prépare actuellement le lancement d’une start-up et vise des essais cliniques d’ici six ans. Si ces résultats se confirmaient chez l’humain, AUN pourrait bien s’imposer comme une nouvelle référence thérapeutique pour tous ceux exclus jusque-là des progrès de l’oncologie moderne. Une rupture qui, sans doute, referme une boucle historique entamée il y a plus de cent cinquante ans.
- Une étude révèle un lien entre certains conservateurs alimentaires et un risque accru de cancer
- De grandes études révèlent un lien entre conservateurs alimentaires et augmentation des risques de cancer et diabète
- Dix minutes d’exercice suffisent à transformer la lutte biologique contre le cancer colorectal
