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Repérer la démence plus tôt : nos capacités à lire les visages pourraient donner l’alerte

Actualité > Recherche > Maladie > Symptômes
Par Morgan,  publié le 7 septembre 2025 à 19h00.
Visage surpris en gros plan pendant la lecture

Image d'illustration. Visage surpris en gros plan pendant la lectureADN

Des chercheurs mettent en lumière un signe précoce de la démence, qui pourrait se manifester à travers des difficultés à interpréter les expressions faciales. Cette découverte ouvre la voie à un dépistage plus rapide et à une meilleure compréhension des premiers symptômes.

Tl;dr

  • Penchant pour voir le positif lié au déclin cognitif.
  • Moins de matière grise dans l’hippocampe et l’amygdale.
  • Ce biais pourrait aider à détecter la démence tôt.

Quand le regard optimiste cache un signal d’alerte

Dans notre société, il n’est pas rare de saluer les vertus d’un esprit positif, surtout avec l’âge. Pourtant, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs britanniques et israéliens, voir systématiquement le verre à moitié plein chez autrui pourrait traduire bien plus qu’une sagesse acquise : il s’agirait en réalité d’un marqueur précoce du déclin cognitif, voire d’un indicateur avant-coureur de maladies neurodégénératives telles que la démence de type Alzheimer. L’équipe remet ainsi en question la théorie dominante — la « socioemotional selectivity theory » — qui attribuait jusqu’ici ce « biais de positivité » à un mécanisme adaptatif protecteur.

L’étude : entre neurosciences et psychologie sociale

Pour mieux cerner ce phénomène, 665 volontaires âgés de 18 à 89 ans ont été recrutés, chaque tranche d’âge formant un groupe distinct. Tous ont participé à des tests informatiques visant à identifier les émotions sur des visages générés par ordinateur. En parallèle, des examens par IRM ont permis d’observer la structure cérébrale, tandis qu’étaient recherchés des signes de déclin cognitif ou de dépression. Résultat frappant : plus l’âge avançait, plus les participants interprétaient spontanément les visages ambigus comme porteurs d’émotions positives — et ce au détriment des expressions négatives telles que la colère, la peur ou la tristesse, pourtant déjà difficiles à déceler.

Des indices cérébraux révélateurs

Les chercheurs ont alors établi un lien entre cette tendance optimiste et une diminution de matière grise dans deux zones clés du cerveau : l’hippocampe et l’amygdale, connues pour leur rôle central dans le traitement émotionnel. Plus surprenant encore, cette inclination ne s’expliquait pas par une humeur dépressive — au contraire, elle était associée à une performance cognitive globalement plus faible. Ainsi, selon les auteurs : « L’absence de lien avec les symptômes dépressifs suggère que ce biais permettrait de différencier le déclin cognitif de la dépression chez les personnes âgées. »

Une piste prometteuse pour le diagnostic précoce ?

Même si cette recherche ne suit qu’un instantané – sans suivre les mêmes individus au fil du temps –, elle ouvre une brèche intéressante pour repérer la démence avant qu’elle ne s’installe durablement. Comme le souligne le neuroscientifique Noham Wolpe, basé à l’Université de Tel Aviv : « Nous cherchons désormais à comprendre comment ces résultats s’appliquent aux seniors présentant un début de déclin cognitif ou certains signes d’apathie. » Dans un contexte où l’intervention précoce peut transformer le quotidien des patients, ce biais émotionnel positif pourrait bientôt rejoindre l’arsenal des outils précoces contre la progression silencieuse des troubles neurodégénératifs.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Quand le regard optimiste cache un signal d’alerte
  • L’étude : entre neurosciences et psychologie sociale
  • Des indices cérébraux révélateurs
  • Une piste prometteuse pour le diagnostic précoce ?
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