Infections urinaires répétées : une urologue alerte sur le rôle des leggings de yoga

Image d'illustration. Séance de yoga en plein air au lever du soleilADN
Un spécialiste en urologie alerte sur un lien possible entre le port fréquent de pantalons de yoga et la recrudescence d’infections urinaires récidivantes, pointant du doigt les risques liés à certains vêtements ajustés pour la santé intime des femmes.
Tl;dr
- Leggings synthétiques favorisent infections urinaires et vaginales.
- Mauvaise hygiène et port prolongé augmentent les risques.
- Privilégier fibres naturelles et vêtements amples après le sport.
Les dessous méconnus du port prolongé des leggings
Adulées pour leur confort, plébiscitées du tapis de yoga à la terrasse d’un café, les leggings synthétiques ne seraient pas aussi anodins qu’ils en ont l’air. Nombreuses sont les femmes à ignorer que ces vêtements, lorsqu’ils sont portés trop longtemps, créent un terrain propice aux désagréments intimes. Le Dr Tarek Pacha, chirurgien urologique reconnu, observe régulièrement dans son cabinet des patientes souffrant de démangeaisons, pertes inhabituelles ou infections urinaires récidivantes. Pour lui, ce n’est pas tant la tenue elle-même qui pose problème, mais bien la manière dont on l’utilise au quotidien.
Le cercle vicieux : chaleur, humidité et bactéries
Les tissus techniques modernes – nylon, spandex ou polyester en tête – sont pensés pour épouser la silhouette et sécher rapidement. Or, leur caractère hydrophobe fait qu’ils retiennent l’humidité au contact de la peau. Conséquence : lors d’une séance intensive ou d’une journée active, la sueur s’accumule autour de la vulve. Ce microclimat humide et chaud favorise la prolifération de levures et de bactéries tout en déséquilibrant la flore protectrice naturelle.
De là découlent différents troubles : candidoses à répétition, vaginoses bactériennes ou simples irritations peuvent ainsi se manifester plus facilement. La situation se complique lorsque cette irritation atteint l’urètre ; le risque de cystite, autrement dit d’infection urinaire basse, s’en trouve alors augmenté.
Facteurs aggravants et publics à risque
Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne face à ces désagréments. Les femmes sujettes aux infections urinaires fréquentes ou aux inflammations vulvaires doivent redoubler de vigilance. Mais il y a aussi celles qui portent des protège-slips quotidiennement ou restent assises longuement – étudiantes, conductrices ou salariées derrière un écran – qui voient le temps passé dans une position compressive augmenter les risques. Notons que pendant la périménopause ou après la ménopause, les tissus vaginaux plus fragiles rendent toute irritation potentiellement plus grave.
Bons réflexes pour préserver sa santé intime
Sans diaboliser les leggings ni appeler à s’en débarrasser définitivement, le Dr Pacha préconise quelques gestes simples pour limiter les ennuis :
- Réserver les leggings serrés aux séances sportives puis passer rapidement à des habits amples et respirants.
- Favoriser le coton ou autres fibres naturelles au plus près du corps.
- Laver systématiquement ses vêtements après transpiration et éviter les sous-vêtements synthétiques ou string si l’on est sujette aux infections.
En cas de symptômes persistants – brûlures, démangeaisons, pertes anormales – il vaut mieux consulter un professionnel plutôt que suspecter uniquement sa garde-robe. Car finalement, prendre soin de sa santé intime passe autant par ses choix vestimentaires que par une attention accrue à ses habitudes quotidiennes.
