Une étude révèle que l’augmentation du CO2 pourrait modifier la chimie de notre sang

Image d'illustration. Prise sang prelevementADN
Une récente étude met en lumière une possible modification de la chimie sanguine humaine liée à l’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, soulevant des questions sur les impacts sanitaires du changement climatique.
Tl;dr
- Augmentation du CO2 détectée dans le sang humain.
- Bicarbonate sanguin en hausse, calcium et phosphore en baisse.
- Évolution préoccupante si la tendance se poursuit d’ici à 2076.
Des traces de CO2 atmosphérique désormais visibles dans notre sang ?
Le constat est inédit : selon une récente étude menée à partir de deux décennies de données sanitaires américaines, la progression du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère se reflète directement dans la chimie du sang humain. En s’appuyant sur les analyses issues de la base de données US National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), des chercheurs ont observé une élévation notable du taux de bicarbonate sanguin, témoin biochimique d’une exposition croissante au CO2.
Une évolution discrète mais mesurable du sang humain
Le phénomène, jusqu’ici passé sous silence, attire aujourd’hui l’attention. De 1999 à 2020, l’examen d’échantillons sanguins provenant d’environ 7 000 Américains tous les deux ans révèle une hausse du bicarbonate moyen : il passe de 23,8 à 25,3 milliequivalents par litre. Ce glissement — équivalent à +7 % sur vingt ans — suit presque parfaitement l’augmentation de CO2 atmosphérique sur la même période, qui est passé d’environ 369 ppm à plus de 420 ppm aujourd’hui.
Parallèlement, certains marqueurs essentiels connaissent un recul. Les niveaux moyens de calcium et de phosphore diminuent respectivement de 2 % et 7 %. Pour expliquer ce phénomène, les scientifiques avancent que lorsque le CO2 se dissout dans le sang, il perturbe l’équilibre acido-basique corporel ; pour compenser cette acidification discrète, le corps retient davantage de bicarbonate via les reins tandis que les os relâchent des minéraux comme le calcium ou le phosphore.
L’adaptation humaine en question face au changement climatique
À ce stade, ces modifications restent circonscrites à la « zone tolérable » pour l’organisme. Pourtant, selon le physiologiste respiratoire Alexander Larcombe, ce basculement progressif pose question : « Ce que nous observons semble refléter l’incapacité du corps humain à s’adapter rapidement à des niveaux inédits de CO2. » La modélisation laisse entendre qu’à horizon 2076, certains paramètres pourraient frôler les limites actuelles des valeurs biologiques considérées comme saines.
L’avenir incertain des seuils biologiques
Si cette dynamique devait se poursuivre, voici les évolutions redoutées par les spécialistes :
- Bicarbonate sanguin : vers le plafond actuel des normes médicales.
- Niveaux minéraux : calcium et phosphore pourraient bientôt flirter avec leurs seuils inférieurs.
Derrière ces chiffres s’esquisse une réalité nouvelle : « Aujourd’hui, nos organismes semblent dépassés par un air chargé en CO2, inconnu depuis toute l’histoire d’Homo sapiens. » À terme, limiter la concentration atmosphérique pourrait bien devenir crucial… non seulement pour la planète, mais aussi pour notre équilibre biologique.
