Un traitement lourd du cholestérol a aussi fait baisser certains PFAS dans le sang. Pour les microplastiques, les résultats restent beaucoup plus fragiles.
En bref
- Des PFAS baissent après aphérèse
- Les microplastiques donnent des résultats instables
- Pas un traitement de détox aujourd’hui
Jusqu’à 25 % de baisse juste après une séance, mais sur un très petit nombre de patients. C’est le signal qui retient l’attention dans cette étude publiée dans Brain Health, menée en Allemagne, autour d’une technique déjà utilisée contre les formes sévères de cholestérol élevé quand les médicaments ne suffisent pas.
Des baisses nettes, mais sur très peu de patients
Les chercheurs ont suivi 14 patients traités par aphérèse thérapeutique, plus précisément par double filtration plasmatique. Le principe est simple sur le papier: le sang passe dans une machine, les cellules sanguines sont séparées du plasma, puis ce plasma traverse un second filtre avant d’être réinjecté.
Avant et après deux séances, l’équipe a mesuré quatre PFAS, ces substances per- et polyfluoroalkylées qu’on retrouve notamment dans certains emballages alimentaires, textiles imperméables ou revêtements antiadhésifs. Juste après une procédure, leurs concentrations sanguines ont reculé jusqu’à 25 %. Un autre laboratoire, avec une méthode différente et seulement quatre patients, a observé des baisses moyennes allant de 43,5 à 75,8 % sur cinq PFAS. Pas mal, mais on ne peut pas comparer directement ces deux séries.
Pourquoi un filtre à lipoprotéines pourrait aussi retenir des polluants
Le point intéressant, c’est que cette technique n’a pas été conçue pour ça. Elle vise d’abord les lipoprotéines, ces particules qui transportent les graisses dans le sang et qui sont liées au risque cardiovasculaire.
Selon Charlotte Steenblock, de la Dresden University of Technology, le résultat a été inattendu. Elle avance l’hypothèse que ces polluants seraient retenus directement dans les filtres, ou bien éliminés avec les lipoprotéines et certaines protéines plasmatiques auxquelles ils s’attachent. Autrement dit, on a une piste biologique plausible. Pas encore une démonstration complète.
Pour les microplastiques, le signal est bien plus brouillé
Là, il faut être plus prudent. Chez quatre patients, le polyéthylène a baissé à chaque fois, et le polychlorure de vinyle chez trois d’entre eux. Mais d’autres polymères n’ont pas suivi le même schéma, et certains niveaux ont même augmenté après traitement.
Les auteurs citent plusieurs explications possibles: méthodes de mesure, contamination de l’environnement, ou éléments plastiques du dispositif lui-même. Charlotte Steenblock dit tout de même que l’équipe a retrouvé à plusieurs reprises des microplastiques dans les liquides de lavage récupérés après usage des filtres, ce qui renforce l’idée d’une élimination réelle de particules circulantes.
Ce que cela change, et ce que cela ne change pas
Mais vous n’avez pas ici un protocole de détox. L’étude reste exploratoire, sans preuve sur la durée de la baisse, ni sur un bénéfice clinique. Et le sang ne montre qu’un instantané: des particules stockées dans des tissus, comme le cerveau, le foie ou les reins, peuvent revenir ensuite dans la circulation.
Un travail distinct paru en 2026 dans le Journal of Clinical Apheresis, portant sur 174 procédures chez 114 patients, va d’ailleurs dans le même sens prudent: les microplastiques baissaient chez ceux qui partaient de niveaux élevés, mais montaient chez ceux qui avaient des niveaux bas. Les auteurs soupçonnent les tubulures et poches plastiques. Bref, pour l’instant, l’aphérèse reste un acte médical spécialisé, pas une réponse validée à l’exposition aux polluants.