Une étude néerlandaise nuance une idée très répandue: les animaux de compagnie améliorent souvent l’humeur, sans vraiment réduire le stress du moment.
- Les animaux améliorent souvent l’humeur générale
- Ils réduisent peu le stress immédiat
- Chez certains chats, l’effet peut même s’inverser
Un animal de compagnie peut vous faire du bien, sans pour autant calmer votre stress sur le moment. C’est le point le plus intéressant de cette étude menée par des chercheurs de l’Open University aux Pays-Bas, publiée dans Frontiers in Psychology.
L’idée de départ est connue. On suppose volontiers qu’un chat ou un chien agit comme un soutien émotionnel presque automatique. Or la littérature scientifique est moins nette que cette image. Et ce nouveau travail ajoute une nuance utile, avec des résultats parfois contre-intuitifs.
Un effet bien plus nuancé qu’on ne l’imagine
Les chercheurs ont observé que passer du temps avec des chats ou des chiens augmente généralement les émotions positives et réduit les émotions négatives. Sur ce point, le signal est plutôt rassurant.
Mais pour le stress ponctuel, c’est autre chose. Mayke Janssens, psychologue, explique en substance que l’interaction avec l’une ou l’autre espèce n’a pas joué de rôle protecteur face aux émotions négatives. Autrement dit, la présence de l’animal peut améliorer le bien-être global, pas forcément amortir le pic de tension au moment où il survient.
Pourquoi le chat intrigue davantage les chercheurs
Le résultat le plus marquant concerne les propriétaires de chats. Chez les participants qui se disaient momentanément stressés, des interactions plus intenses avec leur félin étaient associées à un lien plus fort entre stress et émotions négatives.
Ce n’est pas une preuve que le chat « aggrave » systématiquement les choses. Mais le signal existe. Sanne Peeters, également psychologue, avance une piste: les interactions avec les chats sont souvent plus passives, moins exigeantes, et pourraient être plus chargées émotionnellement. Cela ne correspondrait pas toujours au type de soutien recherché dans un moment de tension.
Pour les chiens, les données ne montrent ni effet positif ni effet négatif sur le stress, d’un point de vue statistique.
Ce que l’étude a vraiment mesuré, et ses limites
L’étude repose sur 188 participants possédant un chat, un chien, ou les deux. Plusieurs fois par jour, une application sur leur téléphone leur demandait un point rapide sur leur humeur, leur niveau de stress et l’intensité de leurs interactions avec l’animal. Cette méthode porte un nom un peu technique, l’ecological momentary assessment, ou EMA.
C’est solide pour capter le quotidien, quand même. Mais il y a une limite importante : l’équipe n’a pas distingué la nature de l’interaction. Un câlin et un bain imposé au chat entraient donc dans la même grande catégorie d’interaction plus ou moins intense. Les propriétaires de chats étaient aussi moins nombreux que ceux de chiens, ce qui peut peser sur les résultats.
Ce que cela change pour les propriétaires d’animaux
Bref, l’étude ne dit pas qu’un chat ou un chien est mauvais pour la santé mentale. Elle dit quelque chose de plus fin : leur présence semble bien liée à un meilleur bien-être émotionnel, mais pas parce qu’ils tamponnent le stress en temps réel.
Et les auteurs évitent la bataille absurde entre espèces. Sanne Peeters résume l’idée ainsi : « Je ne dirais pas qu’une espèce fait un meilleur animal de compagnie qu’une autre. » Ce qui compte, ici, semble aussi tenir à la personnalité et aux préférences du propriétaire. Pour vous, la vraie info est là.