La démarche pourrait révéler des indices précoces de l’autisme

Image d'illustration. Enfant rireADN
Des chercheurs s’intéressent de près à la démarche, analysant les mouvements corporels pour détecter des indices potentiels de l’autisme. Leur objectif : mieux comprendre comment certaines caractéristiques motrices pourraient révéler la présence du trouble.
Tl;dr
- Les différences de marche sont fréquentes chez les personnes autistes.
- Elles découlent de particularités cérébrales et motrices.
- L’accompagnement s’adapte aux besoins individuels et au quotidien.
Un symptôme méconnu de l’autisme : la marche atypique
Si l’on pense spontanément à des troubles de la communication ou du comportement pour caractériser l’autisme, une dimension souvent négligée concerne la manière de se déplacer. En effet, les différences de démarche — le fameux « gait » dans la littérature scientifique — occupent désormais une place dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders comme critère d’appui pour le diagnostic.
Dans la réalité quotidienne, ces particularités se traduisent par des schémas tels que la marche sur la pointe des pieds, les pieds tournés vers l’intérieur ou vers l’extérieur. Mais il existe aussi des nuances moins visibles : allure plus lente, pas plus larges, temps prolongé lors de chaque appui au sol… Autant de détails qui illustrent la grande variabilité individuelle constatée chez les personnes concernées.
Cerveau et motricité : des liens complexes
À l’origine de ces singularités motrices, on retrouve principalement des différences dans le développement de certaines régions cérébrales comme les ganglions de la base et le cervelet. Les premiers orchestrent la coordination globale du mouvement tandis que le second affine les ajustements posturaux grâce à l’intégration d’informations sensorielles. Selon plusieurs décennies d’études, ces altérations structurelles ou fonctionnelles impactent non seulement la démarche mais aussi d’autres habiletés comme l’équilibre, la coordination ou même l’écriture.
Il convient également de souligner que la diversité des profils moteurs est influencée par les capacités cognitives et langagières propres à chaque personne. Plus le besoin d’accompagnement est important, plus ces différences peuvent être marquées et s’associer à d’autres difficultés.
Accompagner sans systématiser : quand intervenir ?
Le traitement n’est pas une finalité pour tous. Les professionnels privilégient aujourd’hui une approche individualisée axée sur l’impact réel au quotidien. Certaines situations requièrent néanmoins une prise en charge spécifique :
- chutes fréquentes ou risques accrus de blessure,
- difficultés à participer à des activités physiques appréciées,
- douleurs ou rétractions musculaires liées à la marche.
En dehors du cadre clinique, les initiatives communautaires gagnent du terrain. Des programmes intégrés en milieu scolaire – tel que le « Joy of Moving Program » développé en Australie – encouragent le développement moteur au sein du groupe classe. Des activités sportives adaptées ou artistiques comme la danse participent également à renforcer autonomie et estime de soi chez les enfants autistes.
Vers une meilleure compréhension et inclusion
Malgré les avancées scientifiques sur le sujet, beaucoup reste à explorer concernant l’évolution individuelle de la marche atypique tout au long de la vie. Cependant, un consensus émerge sur un point : favoriser l’accès à une activité physique adaptée constitue un levier essentiel pour améliorer non seulement les compétences motrices mais aussi sociales chez les plus jeunes.
Il s’agit moins de « corriger » que d’ouvrir des espaces où chaque façon d’être en mouvement trouve sa place, loin du regard normatif. Un enjeu clé alors que les politiques publiques évoluent pour soutenir davantage ces approches inclusives en dehors du cadre strict du National Disability Insurance Scheme (NDIS).
