La France risque-t-elle une nouvelle vague épidémique de grippe ?

Image d'illustration. Symptôme grippe ? Gros plan d un thermomètre montrant une température élevéeADN
Alors que la saison hivernale bat son plein, la vigilance reste de mise face à la grippe. Après une accalmie observée fin décembre, les spécialistes s’interrogent sur la possibilité d’une reprise de l’épidémie en ce début d’année.
Tl;dr
- Le pic de grippe atteint mais l’épidémie continue.
- Un second pic fin janvier reste possible.
- Vaccin efficace à 36 %, vaccination conseillée.
Le pic n’annonce pas la fin de l’épidémie
Alors que beaucoup pensaient pouvoir souffler après les fêtes, la réalité s’avère plus nuancée. Si le dernier bulletin de Santé publique France fait état d’un premier pic épidémique franchi à la fin décembre 2025, l’épidémie de grippe, elle, ne semble pas prête à tirer sa révérence. Les chiffres publiés le 7 janvier dernier évoquent certes un ralentissement temporaire, mais rien n’est joué.
Des incertitudes pour la suite : le scénario du double pic
Certains spécialistes préfèrent garder leurs réserves. Le professeur Antoine Flahault, épidémiologiste à Paris-Cité et rattaché à l’Inserm, revient sur ce phénomène bien connu : « En janvier-février 2025, après le pic observé durant les vacances de Noël, on a assisté à une reprise, parfois même plus marquée que la première vague. » Ce schéma — premier reflux grâce aux fermetures d’écoles et d’entreprises puis retour en force à la rentrée — pourrait tout à fait se reproduire. Le bulletin attendu ce mercredi 14 janvier donnera une photographie précieuse de la dynamique actuelle.
La vaccination reste ouverte malgré une efficacité réduite
À ceux qui hésitent encore, les autorités rappellent que la campagne vaccinale se poursuit jusqu’au 31 janvier 2026. Certes, cette saison, le vaccin affiche une efficacité modérée : seulement 36 %. Mais pour le professeur Flahault, il n’en perd pas son utilité essentielle : « Même partielle, la vaccination limite les risques de complications sérieuses. » Les populations particulièrement exposées restent les personnes âgées de plus de 65 ans, les femmes enceintes ainsi que tous ceux dont l’immunité est fragilisée.
Bilan provisoire et vigilance requise
Difficile donc d’établir un bilan définitif tant que l’incertitude persiste sur un éventuel rebond fin janvier. Pour y voir plus clair dans les prochaines semaines, il faudra surveiller plusieurs signaux :
- L’évolution du taux d’incidence dans chaque région ;
- L’apparition ou non d’un nouveau foyer ;
- L’impact sur les hôpitaux et publics vulnérables.
Si aucune hausse significative n’est constatée fin janvier, alors — et seulement alors — l’épidémie pourra être considérée comme derrière nous. En attendant, prudence reste le maître-mot pour traverser cette période d’incertitude.
