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La perte d’odorat pourrait signaler précocement la maladie d’Alzheimer

Actualité > Maladie > Symptômes > Alzheimer
Par Morgan,  publié le 5 septembre 2025 à 19h00.
Gros plan d un nez d homme

Image d'illustration. Gros plan d un nez d hommeADN

La perte de l’odorat pourrait signaler précocement la maladie d’Alzheimer, selon des études récentes. Ce symptôme, parfois sous-estimé, attire désormais l’attention des chercheurs sur son rôle potentiel dans le diagnostic anticipé du trouble neurodégénératif.

Tl;dr

  • Perte d’odorat, signal précoce d’Alzheimer.
  • Mécanisme : attaque immunitaire détruisant des fibres nerveuses clés.
  • Mieux comprendre permettrait un dépistage plus tôt.

Un nouveau regard sur la perte d’odorat et Alzheimer

Difficile de ne pas s’interroger face à un trouble aussi banal que la perte progressive de l’odorat. Pourtant, selon une étude récente menée par des chercheurs du German Center for Neurodegenerative Diseases (DZNE) et de la Ludwig Maximilian University of Munich (LMU), ce symptôme pourrait constituer l’un des tout premiers signes de la maladie d’Alzheimer, bien avant l’apparition de troubles cognitifs détectables.

Si certains indices du développement d’Alzheimer — comme les variations dans le langage, la respiration ou même la composition du microbiote intestinal — ont déjà attiré l’attention des scientifiques, les troubles olfactifs restaient jusqu’à présent peu compris quant à leur origine précise. Le nouveau travail publié vient éclairer ce mystère, en s’appuyant à la fois sur des analyses post-mortem de tissus cérébraux humains et murins, mais aussi sur des scans TEP réalisés chez des personnes atteintes.

Mécanismes immunitaires et connexions cérébrales en jeu

Au cœur du processus mis au jour : une réaction immunitaire interne qui se retournerait contre certaines fibres nerveuses essentielles. Des cellules spécialisées, les microglies, interviendraient en coupant les liens entre le bulbe olfactif — où s’élaborent nos perceptions odorantes — et le locus coeruleus, région clé située dans le tronc cérébral. Selon le neurobiologiste Lars Paeger, cette zone régule nombre de fonctions fondamentales : « Le locus coeruleus contrôle notamment le flux sanguin cérébral, les cycles veille-sommeil et le traitement sensoriel, dont l’odorat ».

C’est précisément au niveau des fibres reliant ces deux régions que les premières altérations apparaissent. Les chercheurs avancent que certains signaux chimiques anormaux à la surface des neurones — en particulier un changement dans la position du phosphatidylsérine, acide gras reconnu comme un « mange-moi » par le système immunitaire — provoqueraient cette attaque ciblée.

L’éclairage inédit d’une recherche multi-modèle

Pour parvenir à ces conclusions, les équipes ont croisé plusieurs approches : observation de souris vivantes ou décédées présentant des caractéristiques proches de l’Alzheimer humain, analyses de cerveaux humains après décès, et imagerie médicale avancée sur des patients souffrant soit d’Alzheimer avérée soit de légers troubles cognitifs.

Face à cette convergence d’observations, le neuroscientifique Joachim Herms souligne : « Les problèmes olfactifs liés à Alzheimer étaient connus sans explication. Nous mettons aujourd’hui en lumière un mécanisme immunologique intervenant dès les stades précoces. »

Voici ce qui ressort pour une meilleure compréhension :

  • Boucle immunitaire destructrice : Microglies éliminant prématurément certaines connexions neuronales.
  • Signe précurseur : Perte d’odorat précédant souvent tout autre symptôme observable.
  • Piste diagnostique : Dépister plus tôt pour espérer intervenir avant la dégradation cognitive.

Dépistage précoce : espoir pour les patients ?

Ce nouvel éclairage n’est pas qu’un simple progrès académique. En effet, pouvoir identifier dès l’apparition d’une perte olfactive une possible évolution vers l’Alzheimer, c’est potentiellement offrir aux patients une fenêtre précieuse : celle où les traitements expérimentaux actuels – comme les anticorps anti-amyloïde – pourraient être administrés avant même que la maladie ne mine irréversiblement les capacités mentales.

À terme, ce lien entre odorat et pathologie neurologique pourrait bouleverser notre manière d’envisager le dépistage précoce. Un enjeu crucial alors que chaque mois compte dans la prise en charge efficace de cette maladie dévastatrice.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Un nouveau regard sur la perte d’odorat et Alzheimer
  • Mécanismes immunitaires et connexions cérébrales en jeu
  • L’éclairage inédit d’une recherche multi-modèle
  • Dépistage précoce : espoir pour les patients ?
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