Les troubles respiratoires du sommeil pourraient bondir de 45 % d’ici la fin du siècle

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Image d'illustration. Un bon sommeil. — ADN

Les troubles respiratoires du sommeil pourraient connaître une forte progression au cours des prochaines décennies. Selon de récentes estimations, leur incidence devrait augmenter de 45 % d’ici la fin du siècle, suscitant l’inquiétude des spécialistes de la santé.

  • Températures élevées : risque d’apnée du sommeil +45 %.
  • Impact économique estimé à 98 milliards de dollars/an.
  • Effets régionaux liés à l’accès à la climatisation.

Un lien direct entre chaleur et troubles du sommeil

Les conséquences du changement climatique semblent s’étendre jusque dans notre sommeil. Selon une étude internationale menée par le chercheur en sciences du sommeil Bastien Lechat de Flinders University en Australie, la hausse des températures pourrait augmenter de près de 50 % le risque de souffrir d’apnée obstructive du sommeil (AOS) d’ici la fin du siècle. Cette pathologie, déjà largement sous-diagnostiquée chez les près d’un milliard de personnes touchées à travers le monde, entraîne non seulement une altération de la qualité du repos mais également des déséquilibres importants au niveau sanguin — oxygène et dioxyde de carbone — qui, sur le long terme, peuvent déclencher diabète, dépression ou maladies cardiovasculaires.

Méthodologie et ampleur des données récoltées

Pour aboutir à ces résultats, l’équipe a analysé les données de plus de 116 000 individus répartis dans 29 pays. Chaque participant utilisait un capteur sous-matelas enregistrant ses mouvements et sa respiration durant environ 500 nuits. Ces informations ont été croisées avec des relevés très précis des températures locales sur 24 heures. Or, l’année 2023 s’est révélée particulièrement significative : elle affichait la température moyenne la plus élevée jamais enregistrée depuis deux millénaires, avec une hausse de 2,07 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Le constat est sans appel : « Les nuits chaudes augmentent de 45 % les risques d’AOS », résume Bastien Lechat. La répercussion sociétale est immense — la perte cumulée en années de vie en bonne santé atteindrait environ 800 000 pour les pays étudiés, soit un niveau comparable à celui observé pour des maladies telles que la maladie bipolaire ou Parkinson.

Lourdes conséquences économiques et disparités régionales

Si l’on s’attarde sur les aspects économiques, l’étude chiffre déjà à près de 98 milliards de dollars américains les pertes annuelles dues à l’absentéisme et à la baisse de productivité liée à cette aggravation potentielle. Quelque 105 millions de journées de travail seraient ainsi perdues chaque année.

Les chercheurs soulignent cependant que l’intensité du phénomène varie selon les régions : « L’Europe semble plus exposée que l’Australie ou les États-Unis, probablement en raison d’un accès moindre à la climatisation », précise-t-il. Ce biais pourrait même sous-estimer l’impact réel pour les populations défavorisées ou vivant dans des pays moins équipés.

Voici ce que révèlent encore les projections basées sur les politiques actuelles :

  • L’augmentation attendue des températures globales se situe entre +2,1 et +3,4 °C d’ici à 2100.
  • Cela pourrait doubler le fardeau sociétal attribuable aux troubles respiratoires nocturnes.

Sous surveillance accrue face au défi climatique

À l’heure où le monde cherche encore comment endiguer le réchauffement climatique, ces conclusions publiées dans Nature Communications offrent un nouvel éclairage sur ses effets insoupçonnés — jusque dans nos chambres à coucher. Si des mesures ambitieuses ne sont pas prises pour réduire les émissions polluantes, c’est bien tout notre équilibre quotidien qui risque d’en pâtir.