Ménopause : Lynkuet, un nouveau traitement prometteur pour atténuer bouffées de chaleur et sueurs nocturnes

Image d'illustration. Rayon PharmacieADN
Le médicament Lynkuet, récemment mis au point, offre une nouvelle option thérapeutique aux femmes ménopausées en ciblant spécifiquement les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, deux symptômes fréquents et inconfortables de cette période de la vie.
Tl;dr
- Lynkuet, traitement non hormonal des bouffées de chaleur, autorisé.
- Agit sur deux récepteurs cérébraux pour plus d’efficacité.
- Coût élevé et suivi hépatique nécessaires.
Une avancée pour les femmes ménopausées
Avec l’arrivée de Lynkuet (élinzanetant), développé par Bayer, une nouvelle solution s’offre aux femmes confrontées aux symptômes parfois très lourds de la ménopause. Les bouffées de chaleur et sueurs nocturnes touchent jusqu’à 80 % des femmes à cette période de leur vie, avec des conséquences notables sur le sommeil, l’humeur et la qualité de vie en général. Or, malgré leur fréquence, ces troubles restaient essentiellement traités depuis les années 1940 par l’incontournable traitement hormonal substitutif (THS). Mais voilà : le THS ne convient pas à toutes. Certaines patientes y sont exposées à des risques accrus – AVC, caillots sanguins ou cancers du sein – mis en avant par l’étude Women’s Health Initiative dès 2002.
L’innovation thérapeutique : comment agit Lynkuet ?
C’est ici que Lynkuet marque sa différence. Premier médicament non hormonal approuvé par la FDA qui cible simultanément deux récepteurs cérébraux — neurokinine 1 (NK1) et neurokinine 3 (NK3) — il vise à stabiliser le « thermostat » interne perturbé durant la ménopause. D’après les essais cliniques menés chez des femmes entre 40 et 65 ans, les premiers résultats apparaissent dès une semaine : après trois mois, plus de 70 % ont constaté une diminution d’au moins moitié de la fréquence des bouffées de chaleur. À noter qu’un autre traitement récent, Veozah, agit uniquement sur NK3 ; l’action complémentaire sur NK1 pourrait améliorer le sommeil, selon la professeure JoAnn Pinkerton, impliquée dans ces recherches.
À qui s’adresse ce nouveau traitement ?
Toutes les femmes ne pourront ni ne souhaiteront recourir au THS. Selon la professeure Amy Voedisch, non impliquée dans les essais Lynkuet mais spécialiste du sujet à Stanford, ce médicament s’adresse prioritairement :
- Aux patientes contre-indiquées au THS pour raisons médicales ;
- A celles réticentes face aux hormones malgré la réévaluation récente des risques.
Un échange avec son médecin reste indispensable avant toute prescription afin d’évaluer les bénéfices attendus (diminution des bouffées de chaleur, amélioration du sommeil) mais aussi les limites : Lynkuet n’agit pas sur tous les symptômes, comme la sécheresse vaginale.
Côté effets secondaires et coût
La prudence reste de mise. Les effets indésirables recensés incluent maux de tête, somnolence ou douleurs abdominales. La consommation de pamplemousse est à proscrire en raison d’interactions potentielles. Par ailleurs, compte tenu d’effets hépatiques rares observés avec un médicament similaire (Veozah), un contrôle des enzymes du foie sera exigé avant puis trois mois après le début du traitement.
Le prix reste élevé — près de 650 dollars mensuels hors remboursement. Certaines assurances pourraient demander d’essayer d’abord des alternatives moins coûteuses comme Gabapentin ou Effexor avant d’accepter Lynkuet. À surveiller donc, tant sur le plan médical que financier, pour cette innovation déjà scrutée de près par le monde médical.
