Perte de poids, après les GLP-1, des médicaments visent la graisse

Étagères de laboratoire remplies de divers médicaments, illustrant leur disponibilité sous le nouveau décret.
Image d'illustration. Étagères de laboratoire avec médicaments — ADN

Une nouvelle vague de traitements anti-obésité cherche moins à couper l’appétit qu’à changer le stockage de l’énergie, avec des promesses, mais encore peu de recul.

En bref

  • Les GLP-1 font aussi perdre du muscle
  • De nouveaux traitements visent le stockage des graisses
  • Les essais humains restent encore limités

Perdre 15 à 20% de son poids, puis en reprendre une partie à l’arrêt, tout en sacrifiant du muscle, voilà la limite qui pousse déjà l’industrie à préparer l’après-GLP-1. C’est le nœud du sujet. Les médicaments comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro restent très efficaces, mais ils agissent surtout en réduisant l’envie de manger.

Le vrai point faible des traitements actuels

Pour Maria Dalamaga, de l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes, ces traitements sont réellement impressionnants. Ils aident à perdre 15 à 20% du poids corporel. Mais quand on les arrête, l’apport alimentaire remonte souvent vite, et le poids revient.

L’autre limite, plus technique mais très concrète, touche la masse maigre. Environ 25 à 40% du poids perdu sous GLP-1 n’est pas de la graisse, mais du muscle. On retrouve un schéma proche des régimes classiques hypocaloriques. Selon les chercheurs, ce mécanisme ressemble à une vieille stratégie d’économie d’énergie: au repos, le muscle consomme plus que la graisse, donc l’organisme tend à le sacrifier quand les calories baissent.

Changer le moteur plutôt que couper le carburant

La prochaine génération de traitements veut faire autre chose. Non plus seulement agir sur l’appétit, mais sur les voies métaboliques qui décident comment le corps brûle ou stocke l’énergie. En gros, on modifie le moteur plutôt que la quantité de carburant qui entre.

Mark Sleeman, responsable de la recherche obésité, muscle et métabolisme chez Regeneron Pharmaceuticals à New York, estime qu’il faut regarder moins l’ampleur de la perte de poids que sa qualité. Il dit même, « Nous voulons que les patients aient une perte de poids de qualité », avec moins de graisse, un stockage plus adapté de la graisse restante et une préservation du muscle.

Activin E, la piste qui intrigue les laboratoires

En 2022, l’équipe de Regeneron a relié l’obésité à une molécule de signalisation, Activin E. Les personnes porteuses de versions courtes de cette protéine, à cause de mutations du gène correspondant, avaient un profil corporel jugé plus sain et stockaient moins de graisse autour de la taille et des hanches.

Chez la souris, les chercheurs ont ensuite montré que cette protéine sert de messager entre le foie et les réserves graisseuses, via des récepteurs des cellules adipeuses. L’idée est simple sur le papier: bloquer ce signal pourrait limiter l’accumulation de graisse et réduire, peut-être, le recours à la dégradation musculaire. Mais Regeneron n’a toujours pas annoncé d’essai humain pour un bloqueur d’Activin E.

Des essais humains déjà lancés, avec prudence

D’autres avancent plus vite. Arrowhead Pharmaceuticals et Alnylam, aux États-Unis, misent sur le silençage génique par siRNA, de petits ARN interférents qui coupent la production de certaines protéines à la source. James Hamilton, directeur médical d’Arrowhead, compare cela au fait de fermer le robinet.

La société basée en Californie teste déjà deux médicaments chez l’humain, ARO-INHBE et ARO-ALK7, chacun sur moins de 100 personnes. Premiers signaux: une dose unique d’ARO-ALK7 a réduit de 14% la graisse viscérale en huit semaines. Des données préliminaires suggèrent aussi qu’ARO-INHBE pourrait empêcher la perte de muscle.

C’est prometteur, oui. Mais pas encore tranché. Maria Dalamaga rappelle que ces effets plus durables, parfois sur plusieurs mois, sont aussi moins vite réversibles si un problème survient. Elle cite notamment les questions sur le foie et le risque théorique d’éteindre, par erreur, des gènes proches de la cible. Concrètement, la piste est sérieuse. Pour savoir si elle changera vraiment la prise en charge de l’obésité, il faudra des essais plus longs.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Médicament Muscles Perte de poids Recherche

Lisez Actusante.net en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources