Perte de poids, longévité, risques, ce que montrent les GLP-1

Étagères de laboratoire remplies de divers médicaments, illustrant leur disponibilité sous le nouveau décret.
Image d'illustration. Étagères de laboratoire avec médicaments — ADN

Ces médicaments contre l’obésité ne jouent pas seulement sur l’appétit. Une revue de preuves recense 61 effets, avec des bénéfices mais aussi des risques.

En bref

  • 61 effets recensés pour les GLP-1
  • Des bénéfices, mais aussi 19 risques
  • Usage médical encadré indispensable

Soixante et un effets sur le corps. Voilà ce que des chercheurs de l’University of Washington ont recensé en passant en revue les données disponibles sur les agonistes des récepteurs du GLP-1, dont le semaglutide, mieux connu via Ozempic et Wegovy. On parle ici de médicaments d’abord conçus contre le diabète, puis largement utilisés pour la perte de poids parce qu’ils réduisent l’appétit et modifient le métabolisme.

Les essais cliniques montrent souvent des baisses de poids de 15 à 20%. Mais le sujet ne s’arrête plus là. Selon le Pr Ziyad Al-Aly, qui a dirigé ce travail, ces traitements ont une portée inhabituelle, bien plus large que celle de médicaments comme les statines. Les effets relevés sont majoritairement favorables, même si l’équipe a aussi identifié un risque accru pour 19 problèmes de santé.

Une classe de médicaments qui déborde le cadre du poids

Ce qui frappe, c’est leur action sur plusieurs organes à la fois. Pas seulement le pancréas, pas seulement l’estomac. Le cerveau aussi, entre autres.

Ces molécules imitent une hormone naturelle, le GLP-1. Elles se fixent sur des récepteurs présents dans de nombreux tissus de l’organisme. Une première explication est assez simple, en gros, traiter l’obésité réduit mécaniquement toute une série de risques liés entre eux, du cœur aux reins, en passant par les troubles cognitifs et la dépression. L’autre hypothèse va plus loin, avec une action directe sur des récepteurs dispersés dans le corps.

Prescriptions en hausse, dépenses qui explosent, vigilance sur l’usage

Le phénomène a pris une ampleur rare. Aux États-Unis, jusqu’à un Américain sur huit prendrait un traitement de ce type. Dans le système US Medicaid, les prescriptions ont été multipliées par sept entre 2019 et 2024. Et la dépense a bondi d’environ 920 millions d’euros (1 milliard de dollars) à près de 8,3 milliards d’euros (9 milliards de dollars).

Résultat, des tensions d’approvisionnement et même un marché noir en croissance. La Pr Amira Guirguis, du Royal College of Pharmacy, insiste sur un point très concret, ces médicaments ne doivent pas être traités comme des produits de mode. Elle appelle à un suivi médical réel, avec des consignes claires sur les effets indésirables et une évaluation rapide en cas de douleur abdominale intense ou de perte soudaine de vision.

La piste de la longévité avance, sans preuve définitive

Parmi les effets les plus commentés, il y a la longévité. Les chercheurs regardent si les GLP-1 peuvent améliorer plusieurs maladies liées à l’âge en même temps, notamment sur le plan cardiovasculaire, rénal ou dans la stéatose hépatique.

L’assureur Swiss Re estime qu’au Royaume-Uni, ces traitements pourraient réduire de 5% la mortalité toutes causes d’ici à 2045. C’est beaucoup. Mais il faut tenir la ligne, aucune preuve définitive ne montre aujourd’hui qu’ils ralentissent le vieillissement biologique lui-même, ni qu’ils ajoutent des années de vie. Ce qu’on sait, en revanche, c’est que ces médicaments ont déjà changé la recherche sur l’obésité, et pas mal la manière de penser les maladies chroniques.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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