Réduire la consommation de boissons sucrées pourrait améliorer la santé mentale des adolescents

Image d'illustration. Gros plan d une languette de canette de sodaADN
Réduire la consommation de boissons sucrées pourrait contribuer à améliorer la santé mentale des adolescents. Des études récentes suggèrent en effet un lien entre une moindre ingestion de sucre et une diminution des troubles psychologiques chez les jeunes.
Tl;dr
- Consommation élevée de boissons sucrées liée à l’anxiété.
- Adolescents souvent au-dessus du seuil recommandé en sucres.
- Réduire ces boissons pourrait soutenir la santé mentale.
L’anxiété chez les adolescents : l’ombre des boissons sucrées
Face à une prévalence inquiétante, l’anxiété touche environ un adolescent sur cinq, compromettant aussi bien leurs relations sociales que leur réussite scolaire. Si les causes de ce trouble sont multiples – facteurs biologiques, héréditaires, environnementaux – une piste s’invite de plus en plus dans le débat scientifique : le rôle de l’alimentation.
Boissons sucrées : le lien se précise
Ces dernières années, plusieurs travaux ont suggéré que certains aliments pourraient impacter la santé mentale. Les fruits, légumes ou encore les acides gras oméga-3 sembleraient associés à un niveau d’anxiété moindre. À l’opposé, une alimentation riche en sucres libres, présents notamment dans les sodas ou jus industriels, soulève des inquiétudes grandissantes. Selon les recommandations britanniques, ces sucres ne devraient pas dépasser 5 % de l’apport calorique quotidien. Or, chez les adolescents – principaux consommateurs –, ils représentent parfois jusqu’à 20 %, en grande partie via les boissons sucrées.
Une méta-analyse récente menée par Chloe Casey, enseignante-chercheuse à Bournemouth University, a compilé neuf études publiées entre 2000 et 2025. Sept d’entre elles identifient clairement une corrélation : les jeunes consommant régulièrement ces boissons auraient un risque d’être diagnostiqués avec un trouble anxieux supérieur de 34 %.
L’équation complexe entre sucre et anxiété
Attention toutefois à ne pas confondre corrélation et causalité. Les données recueillies restent observationnelles : il serait donc hasardeux d’affirmer que la consommation de sodas provoque directement l’anxiété – ou vice versa. D’autres variables entrent probablement en jeu, telles que le niveau d’études ou le revenu familial.
La recherche s’intéresse aussi au rôle possible du microbiote intestinal, via l’axe intestin-cerveau. Mais ici encore, régime alimentaire global, stress ou sommeil semblent interférer.
Pistes pour réduire la consommation chez les jeunes
Pour s’approcher des recommandations (pas plus de 30 grammes de sucre par jour), différentes alternatives peuvent être envisagées :
- Eau pétillante agrémentée de citron ou menthe fraîche.
- Lait ou boissons sans sucres ajoutés.
- Diminution progressive des sodas et choix de versions allégées (avec modération).
La question reste entière : moins consommer ces boissons aurait-il un réel effet sur la santé mentale des adolescents ? Alors que la littérature se penche surtout sur leurs conséquences physiques, ce pan psychologique mérite désormais une attention accrue. Car derrière chaque canette partagée entre amis se cache peut-être un enjeu bien plus profond pour toute une génération.
