Un ingrédient courant de notre alimentation pourrait favoriser la croissance des cellules cancéreuses

Image d'illustration. Panneau de La ligue contre le cancerADN
Des recherches récentes suggèrent qu’un ingrédient largement présent dans notre alimentation quotidienne pourrait favoriser la croissance de cellules cancéreuses, suscitant l’inquiétude des experts quant à son impact potentiel sur la santé et les recommandations nutritionnelles.
Tl;dr
- La nature du gras, pas sa quantité, favorise le cancer.
- Les graisses animales accélèrent la croissance tumorale chez les obèses.
- Les graisses végétales préservent l’immunité anti-tumorale.
Le rôle clé de la qualité des graisses dans le cancer
Si l’on pensait jusque-là que l’obésité elle-même pesait le plus lourd dans le risque de cancer, une étude récente menée par l’équipe de Lydia Lynch à Ludwig Princeton rebat aujourd’hui les cartes. Selon ces recherches publiées dans la revue Nature Metabolism, ce serait avant tout la nature du gras consommé, bien plus que son volume, qui influencerait la progression tumorale chez les personnes en surpoids.
Graisses animales versus végétales : un impact radicalement différent
On savait déjà que l’obésité expose à au moins treize types majeurs de cancers – du sein au foie en passant par le côlon. Mais jusqu’à présent, impossible de trancher entre les effets dus à la masse adipeuse elle-même et ceux liés à la composition des apports alimentaires. Or, d’après cette nouvelle recherche menée sur des souris obèses, les régimes riches en graisses animales – notamment issues du saindoux, du suint de bœuf ou du beurre – nuiraient directement à l’immunité anti-tumorale. À l’inverse, les huiles végétales telles que celles de coco, palme ou olive n’auraient pas cet effet délétère ; parfois même, elles semblent renforcer la réponse immunitaire contre les tumeurs.
Derrière les chiffres : pourquoi cette différence ?
À y regarder de plus près, il s’avère que certains sous-produits issus des graisses animales perturbent le fonctionnement des cellules immunitaires clés. Selon l’équipe de Lynch, ces molécules compromettent tant l’action des cellules T cytotoxiques que celle des cellules NK (natural killer), toutes deux cruciales pour traquer et détruire les cellules cancéreuses. Un détail frappant ressort : chez les rongeurs nourris avec des matières grasses d’origine végétale – particulièrement celles tirées de l’huile de palme –, on observe non seulement une immunité préservée, mais aussi un ralentissement marqué de la croissance tumorale.
Voici ce qu’il faut retenir pour toute personne concernée par ces enjeux :
- Sélectionner majoritairement des matières grasses végétales.
- Diminuer drastiquement sa consommation de produits riches en graisses animales.
- S’informer sur les recommandations adaptées lors d’un traitement anticancéreux si l’on est obèse.
Cancers et alimentation : vers de nouveaux leviers thérapeutiques ?
Ce travail ouvre donc une perspective inédite : modifier son alimentation pourrait véritablement faire pencher la balance pour limiter le développement tumoral chez les personnes obèses. Certes, il reste encore à évaluer cliniquement ces pistes chez l’humain, mais déjà une idée simple émerge : il n’y a pas que le poids qui compte – la nature du gras ingéré fait toute la différence.
