Un médicament antiépileptique réduit l’apnée du sommeil de moitié lors d’un essai clinique

Image d'illustration. Silhouette sommeil sur côtéADN
Un médicament déjà utilisé pour d’autres traitements a permis de réduire jusqu’à la moitié la gravité de l’apnée du sommeil chez des patients, selon les résultats d’un essai clinique récent publiés par les chercheurs.
Tl;dr
- Nouveau médicament testé pour traiter l’apnée du sommeil
- La sulthiame réduit les interruptions respiratoires nocturnes de 50%
- Alternatives aux machines CPAP et à la perte de poids
Vers une alternative pharmacologique à l’apnée du sommeil ?
Régulièrement, les personnes souffrant d’apnée obstructive du sommeil peinent à tolérer les appareils respiratoires encombrants, comme le fameux CPAP. Face à ce défi de taille, la recherche médicale cherche depuis des années des solutions plus confortables. Or, la piste médicamenteuse semble aujourd’hui prendre un nouvel élan.
Sulthiame : un antiépileptique prometteur
En Europe, une équipe pilotée par l’Université de Göteborg s’est récemment penchée sur la sulthiame, un médicament principalement utilisé contre certaines crises d’épilepsie. Dès les premiers essais menés en 2024, ce composé – pourtant conçu dans les années 1950 – a montré des effets inattendus : amélioration du tonus musculaire des voies aériennes supérieures et stabilisation du contrôle respiratoire.
Les résultats d’un essai clinique de phase II, conduit auprès de 240 patients modérés à sévères répartis dans cinq pays européens (Belgique, Tchéquie, France, Allemagne, Espagne), semblent confirmer cette piste : administrer la sulthiame avant le coucher permettrait de réduire significativement le nombre d’interruptions respiratoires nocturnes.
Efficacité et sécurité au rendez-vous ?
Dans cette étude comparative, quatre groupes ont été constitués, dont un sous placebo et trois recevant respectivement 100 mg, 200 mg ou 300 mg de sulthiame chaque soir. Résultat marquant : les participants sous doses élevées (200 ou 300 mg) ont vu leur nombre d’arrêts respiratoires baisser de près de 50 %, avec une amélioration nette de l’oxygénation et moins de somnolence diurne. Les chercheurs notent toutefois que les effets indésirables restent dose-dépendants ; la dose de 200 mg apparaîtrait donc comme le compromis idéal.
Voici quelques autres pistes testées ces dernières années pour traiter l’apnée du sommeil :
- Médicaments favorisant la perte de poids comme le tirzepatide (Mounjaro/Zepbound)
- Pulsations électriques appliquées sur la langue
- Méthodes alternatives insolites : souffler dans un coquillage !
L’espoir d’un traitement mieux adapté
Pour beaucoup, la perspective d’une solution médicamenteuse suscite espoir et attentes : « Cela ressemble à une avancée majeure… Nous attendons désormais des études plus longues pour confirmer l’efficacité dans le temps et évaluer la sécurité sur un plus large public. », confie le professeur Jan Hedner. Si l’on considère que l’apnée du sommeil touche des millions de personnes dans le monde — avec des conséquences cardiovasculaires, métaboliques et cognitives notables — une avancée thérapeutique plus directe apparaît désormais à portée de main.
