Vivre à proximité d’un golf augmenterait-il le risque de Parkinson ? Ce que révèle une nouvelle étude

Image d'illustration. GolfADN
Une récente étude met en lumière un possible lien entre la proximité des terrains de golf et l’apparition de la maladie de Parkinson, suggérant que certains facteurs environnementaux propres à ces espaces pourraient jouer un rôle dans le développement de cette affection neurologique.
Tl;dr
- Proximité d’un golf : risque de Parkinson doublé.
- Pesticides sur les golfs mis en cause.
- Risque atténué par réglementation stricte au Royaume-Uni.
Un lien préoccupant entre golf et maladie de Parkinson
Au fil des années, la maladie de Parkinson s’est imposée comme la deuxième affection neurodégénérative la plus répandue, juste derrière Alzheimer. Ce trouble progressif du cerveau provoque des atteintes motrices et cognitives, rendant le quotidien de plus en plus difficile pour les personnes concernées. Au Royaume-Uni, l’association Parkinson’s UK estime à environ 145 000 le nombre de patients vivant avec cette pathologie.
Mais un nouveau facteur de risque interpelle désormais la communauté scientifique. Selon une récente étude publiée dans le Journal of the American Medical Association, vivre à moins d’1,6 kilomètre (un mile) d’un golf ferait grimper le risque de développer Parkinson de 126 % par rapport à ceux résidant à plus de six miles.
Pesticides : le point commun suspecté
Cette découverte étonnante a émergé grâce à des chercheurs du Barrow Neurological Institute, qui ont analysé les dossiers médicaux de riverains autour de 139 golfs situés dans le Minnesota et le Wisconsin. Leurs conclusions ? Plus on habite près d’un terrain de golf, plus la probabilité d’être diagnostiqué augmente. L’étude va même plus loin : chaque mile supplémentaire entre son domicile et un golf réduirait ce risque de 13 %. Les zones utilisant une eau potable puisée non loin d’un golf seraient particulièrement exposées.
En toile de fond, les scientifiques pointent du doigt certains pesticides, comme le paraquat ou la roténone, souvent employés pour entretenir ces vastes espaces verts. D’après la docteure Brittany Krzyzanowski, co-auteure des travaux, il existe « des éléments suggérant que les pesticides appliqués sur les golfs pourraient jouer un rôle dans l’incidence locale de Parkinson ».
Des disparités selon les régions et la réglementation
Il convient toutefois d’ajouter quelques nuances à ces résultats interpellants. Si des régions américaines telles que la « Rust Belt », la Californie du Sud ou encore la Floride présentent une prévalence accrue, la situation se distingue en Europe. Grâce à des règles strictes sur l’usage des produits phytosanitaires — notamment l’interdiction du paraquat dans l’Union européenne et au Royaume-Uni — l’exposition aux substances incriminées reste très faible pour la majorité des habitants.
Voici ce qu’en retient la responsable recherche chez Parkinson’s UK, docteure Katherine Fletcher :
- L’explication purement environnementale semble réductrice.
- D’autres facteurs comme l’hérédité entrent en jeu.
- L’exposition professionnelle n’a pas été prise en compte.
Alerte mais prudence scientifique
Si ce travail relance le débat sur les conséquences sanitaires des pratiques d’entretien paysager, il ne saurait résumer l’ensemble des causes potentielles. La maladie résulte sans doute d’une combinaison subtile entre notre patrimoine génétique et nos conditions de vie. Cependant, cette piste encourage déjà les experts à promouvoir une gestion plus rigoureuse des pesticides pour limiter tout risque évitable aux abords des habitations.
