Le vaccin contre le zona pourrait aussi protéger le cerveau et le cœur

Image d'illustration. Seringue vaccinADN
Des recherches récentes indiquent que la vaccination contre le zona pourrait offrir des bénéfices au-delà de la prévention de cette maladie, en réduisant également les risques d’affections cérébrales et cardiovasculaires chez les personnes vaccinées.
Tl;dr
- Le vaccin zona réduirait risques de démence et cardiaques.
- Bénéfices observés surtout chez les plus de 50 ans.
- Les études concernent principalement le vaccin Zostavax.
Un vaccin contre le zona aux effets inattendus
Au fil des récentes publications scientifiques, un constat surprend : le vaccin contre le zona, longtemps recommandé pour prévenir cette infection virale douloureuse, offrirait aussi des bénéfices au-delà de sa cible initiale. Deux études majeures, menées en Australie et en Corée du Sud, relancent l’intérêt pour ses effets sur la santé cognitive et cardiovasculaire.
Démence : une protection inattendue
La première étude, parue dans le journal JAMA, s’est intéressée à plus de 101 000 Australiens suivis durant plus de sept ans. Les chercheurs ont observé qu’une population éligible au vaccin vivant atténué Zostavax présentait un risque réduit de 1,8 % de développer une démence. Cette tendance s’ajoute à d’autres travaux suggérant qu’en prévenant la réactivation du virus varicelle-zona – qui reste endormi dans les nerfs – on pourrait limiter l’inflammation chronique et les dommages nerveux favorisant les troubles cognitifs. Selon le Pr Pascal Geldsetzer, ces résultats pourraient dépasser ceux obtenus par certains médicaments actuels.
Cœur : des chiffres marquants chez les vaccinés
À peine quelques semaines plus tard, des chercheurs coréens publiaient dans l’European Heart Journal une vaste étude portant sur plus de deux millions d’adultes. Les personnes ayant reçu le même vaccin voyaient leur risque global d’événements cardiovasculaires majeurs (comme l’infarctus ou l’insuffisance cardiaque) chuter de 23 %. Les baisses étaient particulièrement notables pour :
- L’insuffisance cardiaque (–26 %)
- Les maladies coronariennes (–22 %)
Des bénéfices prolongés jusqu’à huit ans après la vaccination ont été constatés, notamment chez les hommes de moins de 60 ans ou vivant en zone rurale.
Précautions et recommandations vaccinales actuelles
Toutefois, une nuance importante s’impose. Ces études portent sur le Zostavax, aujourd’hui remplacé aux États-Unis par le vaccin recombinant Shingrix, jugé plus efficace et sans virus vivant. Recommandé dès 50 ans ou en cas d’immunodépression, il affiche selon les données du CDC une efficacité allant jusqu’à 97 %. Pourtant, la couverture reste limitée : à peine un quart des Américains éligibles seraient vaccinés contre le zona.
Si ces résultats élargissent notre regard sur la prévention, ils invitent à suivre avec attention l’évolution des recherches autour du lien entre vaccinations et maladies chroniques. Le débat scientifique est loin d’être clos…
