D’après cet éminent neurochirurgien, les premiers signes de démence se manifestent dans les jambes

Image d'illustration. Massage relaxant des jambesADN
Un éminent neurochirurgien alerte sur un lien préoccupant entre la santé des jambes et l’apparition de la démence. Selon ses observations, les premiers signes cognitifs pourraient être liés à une dégradation des fonctions motrices inférieures.
Tl;dr
- Des jambes fortes réduisent le risque de démence.
- La marche stimule la santé cérébrale et la mémoire.
- L’activité physique protège le cerveau à tout âge.
Démence : repenser la prévention par les jambes
En matière de prévention de la démence, une certitude domine : il faut stimuler son cerveau. Pourtant, une voix autorisée vient bouleverser cette idée reçue. Selon le neurochirurgien Arun L. Naik, formé à l’AIIMS en Inde, l’avenir de nos fonctions cognitives pourrait bien se jouer… dans nos jambes. « La démence commence dans les jambes, pas dans le cerveau », affirme-t-il, s’appuyant sur des études récentes.
Le lien méconnu entre muscles et cognition
À l’échelle mondiale, près de 57 millions de personnes étaient atteintes de démence en 2021 et chaque année, on recense près de 10 millions de nouveaux cas. Cette maladie progressive, qui englobe divers troubles neurologiques impactant mémoire et autonomie, demeure aujourd’hui sans traitement curatif. Or, il semblerait que négliger ses membres inférieurs aggrave le problème : l’inactivité mène à la perte musculaire (sarcopénie) et accélère le déclin mental.
Un rapport publié dans la revue Neurology en 2020 révèle d’ailleurs qu’une marche ralentie chez les seniors est associée à un volume cérébral réduit et à un risque plus élevé de déclin cognitif. Mais pourquoi ce lien ? Tout simplement parce que marcher ne sollicite pas seulement les muscles : chaque pas active un ballet complexe entre le lobe frontal, le cervelet ou encore la moelle épinière. En somme, marcher revient à offrir un véritable entraînement global au cerveau.
Marcher pour préserver sa matière grise
Au fil des années, des signaux avant-coureurs peuvent se manifester. Une modification du style ou du rythme de marche précède parfois les troubles mnésiques, souvent dès plusieurs années avant leur apparition réelle. La marche stimule la production du BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor), une protéine clé pour renforcer les connexions neuronales et préserver l’hippocampe – région centrale pour la mémoire.
Les bénéfices ne s’arrêtent pas là : chaque mouvement améliore la circulation sanguine vers le cerveau, apportant oxygène et nutriments essentiels tout en éliminant toxines et déchets.
Bouger chaque jour : mode d’emploi concret
Pour agir efficacement contre la démence, voici quelques mesures recommandées par le docteur Naik :
- Marcher quotidiennement au moins 30 minutes à bon rythme ;
- S’entraîner à maintenir son équilibre (par exemple sur une jambe) ;
- Associer marche et tâches mentales simples ;
- Pratiquer des exercices de renforcement musculaire ciblant les membres inférieurs ;
- S’interrompre régulièrement lors des périodes assises prolongées.
Enfin – et c’est rassurant – il n’est jamais trop tard pour commencer. Comme le rappelle le spécialiste : « Même après 60 ans, il est possible d’agir efficacement contre la démence : plus les jambes sont fortes, plus l’esprit reste alerte. » Voilà qui invite à reconsidérer notre façon d’envisager la prévention du vieillissement cérébral.
