Nouvelle confirmation du lien entre inflammation intestinale et maladie d’Alzheimer

Image d'illustration. Neurones du cerveau en actionADN
De nouvelles recherches renforcent la corrélation entre inflammation intestinale et maladie d’Alzheimer, suggérant que le système digestif jouerait un rôle déterminant dans le développement de troubles neurodégénératifs selon des données scientifiques récentes.
Tl;dr
- Inflammation intestinale liée à la maladie d’Alzheimer.
- Les biomarqueurs augmentent avec l’inflammation du microbiote.
- Transmission possible via microbes intestinaux démontrée chez la souris.
Nouvelle pièce du puzzle : l’intestin au cœur de l’Alzheimer
Depuis des années, le mystère de la maladie d’Alzheimer résiste aux chercheurs. Pourtant, un cap vient peut-être d’être franchi grâce à une piste venue… de nos entrailles. Une équipe internationale menée par la psychologue Barbara Bendlin, à l’Université du Wisconsin, vient de mettre en lumière un lien tangible entre inflammation intestinale et dégénérescence cérébrale, ranimant les espoirs sur l’origine – et peut-être un jour le traitement – de cette pathologie.
L’inflammation du microbiote comme signal précoce
En analysant des échantillons de selles provenant de 125 volontaires issus de deux cohortes consacrées à la prévention d’Alzheimer, les chercheurs se sont intéressés à un marqueur précis : la calprotectine fécale. D’après leurs résultats, ce biomarqueur s’avère plus élevé chez les personnes âgées, mais surtout chez celles présentant les fameuses plaques amyloïdes caractéristiques d’Alzheimer. Plus troublant encore : même sans diagnostic formel, des scores mémoriels inférieurs étaient associés à une hausse de cette inflammation intestinale.
Les scientifiques ont également mis en évidence que d’autres indicateurs biologiques typiques d’Alzheimer évoluaient dans le même sens que la calprotectine. Autrement dit, plus l’inflammation s’installe dans le système digestif, plus le cerveau semble vulnérable.
Des souris pour confirmer le passage clé ?
Si la corrélation est solide, peut-on parler pour autant de causalité ? La prudence reste de mise. Comme le rappelle la pathologiste Margo Heston, il faudra attendre les résultats d’études animales pour trancher. Or, justement, certains travaux antérieurs avaient déjà révélé qu’un transfert de bactéries intestinales issues de souris malades pouvait induire des symptômes similaires chez des congénères jeunes et sains.
Les hypothèses avancées par les équipes sont limpides : une modification chronique du microbiome pourrait enclencher une réaction inflammatoire systémique. Celle-ci fragiliserait alors peu à peu les barrières protectrices du corps humain ; le sang pourrait ainsi véhiculer des molécules toxiques jusque dans le cerveau, encourageant l’apparition ou la progression du trouble neurodégénératif.
Diversifier les pistes face à une maladie résistante
Aujourd’hui encore, aucun traitement véritablement efficace n’est disponible pour les millions de personnes atteintes dans le monde. Pourtant, chaque découverte éclaire d’un jour nouveau notre compréhension. Ce travail – publié dans la revue Scientific Reports – vient alimenter une conviction : c’est probablement dans cette interaction complexe entre nos organes que se nichent les clefs du futur combat contre Alzheimer.
