Médicaments similaires à Ozempic : une aide à la perte de poids, mais à quel prix ?

Image d'illustration. Étagères de laboratoire avec médicamentsADN
Les médicaments similaires à l’Ozempic suscitent un fort engouement pour leur capacité à favoriser la perte de poids. Toutefois, leur utilisation s’accompagne de certaines limites et précautions à prendre en compte avant d’envisager ce traitement.
Tl;dr
- Perte de poids partiellement maintenue après l’arrêt des GLP-1.
- Une grande part du poids perdu est du muscle.
- L’origine précise de la reprise pondérale reste floue.
Arrêt des traitements GLP-1 : quel impact durable sur le poids ?
Depuis quelques années, les médicaments de type GLP-1, comme Ozempic ou Wegovy, suscitent un engouement sans précédent dans la lutte contre l’obésité. Prescrits à l’origine pour le diabète de type 2, ces traitements permettent parfois de réduire le poids corporel de plus de 20 %. Toutefois, dès que leur usage cesse, une question essentielle se pose : que devient réellement ce poids perdu ?
Mieux comprendre la reprise après l’arrêt
Selon une nouvelle analyse menée par l’équipe de l’Université de Cambridge, ceux qui arrêtent les GLP-1 conservent en moyenne seulement 25 % de leur perte pondérale initiale après un an. Pour y parvenir, les chercheurs ont passé au crible pas moins de 48 études ; cependant, seules six d’entre elles répondaient aux critères d’exigence : essais randomisés, plus de cent participants et suivi d’au moins douze semaines post-arrêt. Ainsi, sur plus de 3 200 personnes observées jusqu’à 52 semaines après cessation du traitement, les résultats sont sans appel : la majorité du poids perdu revient rapidement au cours des premiers mois, avant que la courbe ne se stabilise autour d’une reprise équivalant à 60 % du poids éliminé.
Pourtant, cette dynamique n’est pas totalement élucidée. Les données actuelles manquent encore cruellement de précision sur la composition exacte du poids repris. Le principal point d’ombre réside ici : muscle ou graisse ?
Muscle perdu, santé en jeu ?
Les premières observations laissent supposer qu’une part non négligeable – entre 40 et 60 % selon certaines études – correspondrait à une perte de masse musculaire. Or, comme le souligne le chercheur Brajan Budini, co-auteur de l’étude : « Si la reprise concerne surtout la graisse et non le muscle, cela pourrait dégrader le rapport masse maigre/masse grasse et entraîner des conséquences négatives pour la santé. »
Ajoutons que les nouveaux médicaments comme le sémaglutide ou le tirzépatide, bien qu’efficaces pour induire une perte pondérale rapide, protègent assez mal la masse musculaire.
Pistes pour accompagner durablement les patients
Face à ces constats, certains experts préconisent d’adopter plusieurs mesures simples mais cruciales :
- Diminuer progressivement les doses plutôt qu’un arrêt brutal.
- Accompagner systématiquement les patients par des conseils nutritionnels et un suivi en activité physique.
Comme le rappelle Steven Luo, coauteur de l’analyse : « Il vaut mieux ne pas tout miser sur ces molécules ; instaurer dès le départ une hygiène alimentaire et sportive solide reste fondamental pour préserver sa santé à long terme. »
