L’arrêt des médicaments GLP-1 fait reprendre du poids quatre fois plus vite qu’après l’arrêt du sport

Image d'illustration. Poids balanceADN
Selon de récentes observations, l’arrêt des médicaments GLP-1, utilisés pour la perte de poids, entraîne une reprise pondérale quatre fois plus rapide que l’abandon de l’activité physique, mettant en lumière la différence d’impact entre traitements et mode de vie.
Tl;dr
- Arrêt des GLP-1 : reprise du poids rapide.
- Poids perdu réacquis quatre fois plus vite qu’après un régime.
- Traitement efficace, mais non définitif, contre l’obésité.
Le succès fulgurant des traitements anti-obésité
Ces dernières années, une nouvelle génération de médicaments injectables, appelés agonistes du GLP-1, a bouleversé la lutte contre l’obésité. Des marques comme Novo Nordisk avec ses produits Ozempic et Wegovy, ou encore Eli Lilly avec Mounjaro et Zepbound, ont connu une popularité croissante auprès des patients. En moyenne, ces traitements permettent de réduire le poids corporel de 15 à 20 %—une avancée majeure, saluée par la communauté médicale.
L’envers du décor : une reprise rapide des kilos
Pourtant, la réalité se révèle moins idyllique dès que cesse l’administration de ces traitements. Selon une étude publiée dans le BMJ et menée par des chercheurs britanniques, dont Susan Jebb de l’Université d’Oxford, les personnes ayant arrêté les agonistes du GLP-1 regagnent du poids à une vitesse inattendue. Il est ainsi observé que les patients reprennent environ 0,4 kilogramme par mois ; concrètement, ils récupèrent près de 10 kilos en un an après l’arrêt du traitement – un rythme quatre fois supérieur à celui constaté chez ceux qui suivent un régime alimentaire classique combiné à de l’exercice.
La liste suivante résume les principaux constats mis en lumière :
- Sémaglutide et tirzépatide: perte moyenne d’environ 15 kilos sous traitement.
- Reprise quasi totale du poids initial dans les 18 mois suivant l’arrêt.
- Paramètres cardiovasculaires (tension artérielle, cholestérol) retournent aussi aux valeurs de départ après 1,4 an.
Mécanismes et perspectives thérapeutiques
Sam West, auteur principal de l’étude à Oxford, souligne que « plus la perte initiale est importante, plus la reprise s’accélère ». Mais même en tenant compte de ce facteur, la vitesse de regain reste supérieure après un traitement médicamenteux qu’après un simple programme alimentaire. D’après les chercheurs, cela pourrait s’expliquer par le fait que les régimes alimentaires induisent parfois des changements durables d’habitudes — chose moins évidente avec un traitement pharmacologique.
Pistes pour demain : vers des solutions pérennes ?
La question centrale demeure : faut-il poursuivre ces traitements à vie pour maintenir leurs bénéfices ? Comme le rappelle Susan Jebb, « L’obésité est une maladie chronique et récidivante ». L’impact économique n’est pas neutre : avec des prix dépassant souvent mille dollars mensuels aux États-Unis et près d’un patient sur deux interrompant le traitement dès la première année – pour cause d’effets secondaires ou de coût.
Selon le chercheur australien Garron Dodd, non impliqué dans l’étude, « Cela démontre que ces médicaments sont un point de départ, mais certainement pas une solution définitive ». L’avenir devrait reposer sur des stratégies associant traitements prolongés, modifications comportementales et thérapies agissant sur la gestion cérébrale du métabolisme.
