Un film plastique innovant capable de détruire physiquement les virus mis au point par des scientifiques

Image d'illustration. Vue microscopique d un virus avec détails des pointesADN
Des chercheurs ont mis au point un film plastique capable de détruire les virus par action physique. Cette avancée ouvre la voie à de nouveaux matériaux antiviraux qui pourraient renforcer la sécurité dans les environnements à risque d’infections.
Tl;dr
- Nouvelle surface plastique détruit virus par nanostructures physiques.
- Alternative écologique aux désinfectants chimiques classiques.
- Efficacité prouvée contre hPIV-3 en laboratoire.
Des surfaces inspirées par la nature pour combattre les virus
Les surfaces que nous touchons quotidiennement – qu’il s’agisse de notre plan de travail en cuisine, d’une rambarde dans le métro ou encore de l’écran d’un smartphone – sont autant de points d’entrée potentiels pour la transmission de multiples virus et autres agents pathogènes. Habituellement, le contact avec une surface contaminée suivi d’un geste machinal vers les yeux, le nez ou la bouche favorise l’infection. Or, si le nettoyage chimique reste la solution classique pour limiter ce risque, il ne va pas sans inconvénients : pollution environnementale, usure des matériaux et apparition d’une inquiétante résistance aux antimicrobiens.
L’innovation venue des ailes d’insectes
Depuis plusieurs années, des équipes scientifiques s’inspirent du monde vivant pour imaginer des alternatives à ces procédés. Prenez les ailes de certaines cigales ou libellules : leur capacité à rester exemptes de bactéries intrigue. Loin de simplement repousser les micro-organismes, elles les éliminent grâce à une surface couverte de minuscules structures qui percent physiquement la membrane cellulaire. Une démarche biomimétique que Elena Ivanova, professeure émérite à la RMIT University, et ses collègues viennent de pousser plus loin.
Un matériau nanostructuré prometteur contre la contamination
Leur dernière étude, publiée dans la revue Advanced Science, présente une fine pellicule plastique dotée de milliers de nanopiliers espacés d’environ 60 nanomètres seulement. Cette texture invisible au toucher se révèle redoutable : lorsqu’un virus tel que le dangereux virus parainfluenza humain type 3 (hPIV-3), responsable notamment de bronchiolites et pneumonies, entre en contact avec cette surface, sa coque est étirée jusqu’à rupture – un mécanisme strictement mécanique et non chimique.
Dans leurs essais en laboratoire :
- 94 % des particules virales testées étaient neutralisées en moins d’une heure.
Contrairement à d’autres méthodes utilisant graphène ou tanins naturels intégrés à des équipements de protection, cette solution n’entraîne ni relargage nocif ni perte rapide d’efficacité.
Pistes pour l’industrie et défis à venir
La fabrication du moule nécessaire à ce film nano-texturé est déjà pensée pour l’industrialisation : emballages alimentaires, transports publics, dispositifs hospitaliers ou bureaux pourraient tous tirer parti de ce procédé. Néanmoins, ces surfaces restent soumises aux contraintes classiques : abrasion physique ou dégradation chimique sur la durée. Pour autant, l’essor de telles innovations ouvre un large champ d’opportunités dans la lutte contre les infections nosocomiales et propose enfin une alternative viable – et écologique – aux désinfectants traditionnels.
