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Un antihypertenseur courant prolonge la vie et freine le vieillissement chez les animaux

Actualité > Recherche > Médicament > Vieillissement
Par Germain Montor,  publié le 3 juin 2026 à 9h00.
pharmacie médicaments

Image d'illustration. Rayon PharmacieADN

Des chercheurs ont découvert qu’un médicament couramment prescrit contre l’hypertension permet d’allonger la durée de vie et de ralentir le vieillissement chez les animaux, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives pour la santé humaine.

Tl;dr

  • Le rilménidine pourrait ralentir le vieillissement chez les animaux.
  • Ses effets imitent la restriction calorique, sans ses inconvénients.
  • Des recherches supplémentaires sont nécessaires chez l’humain.

Un antihypertenseur face au défi du vieillissement

Parmi les pistes explorées pour retarder les effets du temps sur l’organisme, le rilménidine se distingue aujourd’hui par des résultats prometteurs chez l’animal. Initialement utilisé pour traiter l’hypertension artérielle, ce médicament suscite un intérêt croissant dans la lutte contre le vieillissement cellulaire. Des études récentes, dont une publiée en 2023 dans la revue Aging Cell, révèlent que ce traitement permettrait à des vers Caenorhabditis elegans, qu’ils soient jeunes ou âgés, de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

Mimer la restriction calorique sans ses contraintes

Jusqu’ici, il était admis qu’une forte réduction des apports caloriques pouvait allonger l’espérance de vie chez certains animaux. Cependant, suivre un régime aussi strict entraîne bien souvent des effets secondaires notables — on pense notamment à la fatigue, la perte de cheveux ou encore à la fragilité osseuse. Or, voilà que le rilménidine semble reproduire sur le plan cellulaire ces bénéfices sans imposer un tel régime. D’ailleurs, chez la souris également, des modifications similaires de l’activité génétique ont été observées dans les tissus du foie et des reins après administration du médicament.

Mécanismes d’action et premières limites identifiées

L’étude souligne le rôle déterminant d’un récepteur biologique spécifique nommé nish-1. Lorsque ce dernier est supprimé chez le ver C. elegans, « l’effet positif sur la longévité disparaît » », précisent les auteurs, tandis que son rétablissement relance aussitôt les bienfaits constatés avec le rilménidine. Ce point ouvre déjà la voie à des recherches ciblant cette structure chimique afin d’améliorer potentiellement la longévité.

Pour offrir une lecture synthétique :

  • Le rilménidine agit par voie orale, ce qui facilite son usage.
  • Il est déjà prescrit mondialement et présente peu d’effets indésirables sérieux (quelques cas de palpitations ou d’insomnie ont été signalés).
  • D’autres molécules comme la metformine sont aussi étudiées pour leur potentiel sur l’espérance de vie humaine.

Une prudence nécessaire avant toute application humaine

Cela dit, il reste impossible de conclure à une efficacité comparable chez l’être humain. Le modèle du ver C. elegans partage certains gènes avec nous mais demeure éloigné de notre biologie. Les chercheurs insistent : « L’adaptation clinique du rilménidine nécessitera bien plus d’essais approfondis ». Un enjeu majeur alors que «la population mondiale vieillit et qu’un simple décalage de quelques années dans l’apparition des maladies liées à l’âge aurait un impact énorme », rappelle le biologiste João Pedro Magalhães (University of Birmingham). Le chemin s’annonce donc long, mais porteur d’espoir pour les prochaines décennies.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Un antihypertenseur face au défi du vieillissement
  • Mimer la restriction calorique sans ses contraintes
  • Mécanismes d’action et premières limites identifiées
  • Une prudence nécessaire avant toute application humaine
En savoir plus
  • Une étude suggère qu’il serait possible d’inverser la dégradation de l’ADN liée à l’âge
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  • Une étude alerte sur la résistance croissante aux antibiotiques d’un ancien agent pathogène mortel
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