Démence : cinq réflexes alimentaires qui peuvent vraiment compter

Des amis dégustant un repas ensemble à la lumière d’un coucher de soleil dans une ambiance de jardin
Image d'illustration. Coucher de soleil sur un repas convivial entre amis — ADN

Les gènes ne font pas tout face à la démence. Des travaux récents montrent qu’un mode de vie sain, surtout dès la quarantaine, peut peser lourd.

En bref

  • Le cumul d’habitudes saines compte beaucoup
  • Le milieu de vie adulte semble crucial
  • L’alimentation fait partie des leviers

Jusqu’à 60 % de risque en moins. C’est l’ordre de grandeur observé en 2020 par des chercheurs de Rush University, à Chicago, chez les personnes qui cumulaient quatre ou cinq habitudes de vie saines, comparées à celles qui n’en avaient aucune ou une seule. Dit autrement, la démence n’est pas seulement une affaire de gènes.

Le mode de vie pèse lourd, même avec un terrain génétique défavorable

Le gène APOE4 reste un facteur de risque bien connu. Mais il ne ferme pas le jeu. Le Dr Klodian Dhana, épidémiologiste et co-auteur de deux travaux menés à Rush, explique que leurs données ont montré qu’un mode de vie sain restait associé à un déclin cognitif plus lent, y compris chez les porteurs d’APOE4. Il ajoute, en substance, que le débat scientifique continue sur l’ampleur exacte de cet effet. Pas de certitude absolue, donc, mais une idée solide quand même: les choix du quotidien peuvent influer sur la trajectoire.

La quarantaine n’est pas un détail dans cette histoire

En 2024, un grand rapport publié dans The Lancet a jugé les preuves plus robustes qu’auparavant sur un point précis: agir sur plusieurs facteurs de risque réduit le risque de développer une démence. La liste est longue. On y trouve notamment le tabagisme, l’inactivité physique, le diabète, l’isolement social, l’obésité, l’hypertension, la dépression, la perte auditive, une consommation excessive d’alcool, les traumatismes crâniens, la pollution de l’air, ainsi qu’un taux élevé de LDL et une perte de vision non traitée.

Ce qui frappe, c’est que beaucoup de ces facteurs deviennent centraux au milieu de la vie. La professeure Gill Livingston, de University College London, rappelle que le contrôle du cholestérol est prévu à partir de 40 ans au Royaume-Uni, et qu’en profiter pour vérifier aussi la tension artérielle permet ensuite d’agir par l’alimentation ou les médicaments. Mais Klodian Dhana insiste sur un autre point: commencer tôt aide sans doute davantage, mais des bénéfices restent possibles à tout âge.

Cinq pistes dans l’assiette, mais sans promettre de miracle

Côté alimentation, les données les plus nettes portent sur les schémas alimentaires, pas sur un aliment miracle. Le Dr Oliver Shannon, de Newcastle University, indique qu’un régime de type méditerranéen est lié à un risque plus faible, indépendamment de la vulnérabilité génétique.

Parmi les pistes citées, on retrouve le régime MIND, avec ses fruits rouges, ses haricots et ses légumes verts à feuilles. Une étude de Rush University l’a associé à une incidence d’Alzheimer réduite de 53 % chez les personnes qui le suivaient le plus. S’ajoutent les noix, trois poignées ou plus par jour dans des données de la UK Biobank, le curcuma via la curcumine, les aliments fermentés comme le kéfir, le kimchi, le yaourt ou la choucroute, et enfin le café comme le thé. Des chercheurs de Harvard ont même rapporté en 2026 qu’une consommation modérée pouvait être liée à un risque plus faible et à une cognition légèrement meilleure.

Mais il faut garder la tête froide. Une étude japonaise de 2026 a bien observé une corrélation entre repas faits maison et moindre risque de démence, sauf qu’une corrélation n’est pas une causalité. C’est sans doute le message le plus utile pour vous: mieux vaut plusieurs ajustements cohérents qu’un seul geste présenté comme décisif.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Alimentation Cerveau Démence Prevention

Lisez Actusante.net en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources