Le cerveau peut encore progresser après 90 ans, selon une étude

Cette image illustre des modèles de cerveau multicolores qui mettent en valeur la santé cognitive, éclairés doucement pour accentuer leurs détails uniques.
Image d'illustration. Gros plan de modèles de cerveau colorés démontrant la santé cognitive — ADN

Une étude menée pendant trois ans sur près de 4.000 adultes montre que des exercices très courts peuvent améliorer la santé cérébrale, à tout âge.

En bref

  • Près de 4.000 adultes suivis pendant trois ans
  • Des exercices courts améliorent la santé cérébrale
  • Les progrès existent de 19 à 94 ans

Trois ans, près de 4.000 adultes, et un résultat qui mérite qu’on s’y arrête. Des chercheurs du Center for BrainHealth, à l’University of Texas at Dallas, estiment que le déclin cognitif n’est pas une pente forcément inévitable avec l’âge.

Publiée dans Scientific Reports, leur étude a suivi des participants de 19 à 94 ans. Le point marquant, c’est qu’ils ont observé des améliorations mesurables de la performance cérébrale dans toutes les tranches d’âge. Pas seulement chez les plus jeunes. Et pas seulement chez des profils déjà avantagés.

Trois ans de suivi, et une idée qui bouscule le fatalisme

Le travail repose sur un indicateur baptisé BrainHealth Index. Il ne regarde pas uniquement la mémoire ou la logique. Il agrège trois piliers, la santé cognitive, c’est-à-dire par exemple la mémoire et la capacité à raisonner dans des situations complexes, mais aussi le lien aux autres et au sens donné à sa vie, ainsi que l’équilibre émotionnel.

Autrement dit, les chercheurs parlent de santé cérébrale au sens large. C’est important, parce que vieillir ne se résume pas à perdre ou non des points à un test de mémoire.

Des exercices très courts, mais répétés

Le protocole misait sur des unités de 5 à 10 minutes. Au programme, de courtes vidéos, des vérifications de connaissances, des activités personnelles, puis des modules thématiques mensuels.

Les participants devaient aussi intégrer certaines habitudes dans leur quotidien, par exemple traiter les tâches une par une au lieu de multiplier le multitâche. Certains pouvaient en plus échanger avec des coachs spécialisés en santé cérébrale. Résultat, l’usage régulier de ce micro-entraînement quotidien était directement lié à la progression des scores. Ceux qui s’y engageaient le plus obtenaient les meilleurs résultats.

Les plus en difficulté au départ progressent le plus

C’est sans doute le point le plus concret pour vous. Les personnes qui commençaient avec les scores les plus bas sont aussi celles qui ont enregistré les hausses les plus nettes. Bref, commencer tard ne condamne pas à de petits effets.

Les chercheurs notent aussi un rebound effect, un effet de rebond. En gros, des stratégies cognitives peuvent aider à récupérer, maintenir, voire augmenter la santé cérébrale pendant des épisodes difficiles, comme un deuil ou une perte d’emploi.

Sandra Bond Chapman, directrice en chef du Center for BrainHealth, résume l’enjeu ainsi, « Les humains ont déjà allongé leur durée de vie. Maintenant, nous allongeons la durée pendant laquelle le cerveau peut continuer à s’améliorer, en perturbant la trajectoire de déclin qui commence souvent au début de la trentaine ». Ce que cette étude change, clairement, c’est l’idée même de plafond.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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