Les doyens du Brésil pourraient détenir des secrets inédits sur les mystères de la longévité

Image d'illustration. Aînés partageant sagesse au brésil sur vie saineADN
Des chercheurs s'intéressent aux personnes les plus âgées du Brésil pour mieux comprendre les secrets de la longévité. Leur mode de vie et leurs antécédents pourraient apporter des réponses inédites aux questions sur le vieillissement en bonne santé.
Tl;dr
- Centenaires brésiliens étudiés pour percer les secrets de la longévité.
- Diversité génétique unique offre des pistes inédites aux chercheurs.
- Facteurs familiaux et environnementaux aussi essentiels que les gènes.
Des centenaires brésiliens au cœur d’une quête scientifique mondiale
En matière de longévité, certains individus défient les statistiques et suscitent l’intérêt grandissant de la communauté scientifique. Si, globalement, l’espérance de vie humaine tourne autour de sept décennies, une poignée franchit le cap symbolique des cent ans. Plus rares encore, ceux qu’on appelle « supercentenaires » célèbrent leur 110e anniversaire, une prouesse qui ne concerne qu’environ un sur mille parmi ces doyens.
L’apport unique du Brésil à la recherche sur la longévité
L’originalité des récentes recherches menées au Brésil réside dans la formidable diversité génétique de sa population, issue d’un passé façonné par la colonisation, l’esclavage et de multiples vagues migratoires. Selon l’équipe du Human Genome and Stem Cell Research Center à São Paulo, cette richesse pourrait détenir des indices précieux sur les mécanismes à l’œuvre derrière une vie exceptionnellement longue. Contrairement à nombre d’études antérieures fondées sur des groupes homogènes – comme au Japon ou en Italie –, le Brésil offre un vivier inédit pour étudier comment différents gènes et environnements interagissent.
Des destins remarquables au service de la science
La cohorte suivie regroupe plus de 160 centenaires originaires de régions variées, dont 20 supercentenaires. Parmi eux figurait Inah Canabarro Lucas, religieuse considérée comme la doyenne du pays jusqu’à son décès en 2025 à 116 ans. Fait notable : plusieurs participants affichent une autonomie surprenante malgré leur âge avancé ; certains se montrent même capables d’accomplir seuls les gestes du quotidien. À cela s’ajoutent des histoires familiales intrigantes – comme celle d’une femme âgée de 110 ans entourée de trois nièces toutes centenaires – qui rappellent le poids possible de l’hérédité.
La recherche a révélé quelques points communs chez ces survivants hors norme :
- Système immunitaire semblant préservé et vigoureux.
- Capacité à traverser des épreuves sanitaires majeures comme la COVID-19.
- Résilience parfois observée en dépit d’un accès limité aux soins modernes.
Diversité et équité : les nouveaux enjeux scientifiques
Pour le professeur Mayana Zatz, il est crucial que les consortiums internationaux élargissent leurs études aux populations métissées telles que celle du Brésil. Cela ouvrirait enfin la voie à une meilleure compréhension globale des facteurs favorisant une longévité extrême – qu’ils soient génétiques, environnementaux ou sociaux – tout en favorisant davantage d’équité dans la recherche en santé publique. Leurs travaux paraissent dans la revue Genomic Psychiatry, invitant à repenser nos approches face au mystère tenace de la longévité humaine.
