Un médicament courant lié à une hausse de 46 % du risque d’Alzheimer

Une récente étude met en lumière un lien préoccupant entre un médicament fréquemment prescrit et une augmentation notable de 46 % du risque de développer la maladie d’Alzheimer, soulevant des questions sur son utilisation à long terme.

  • Anticholinergic drugs augmentent le risque de démence.
  • Risque accru dès trois mois d’utilisation continue.
  • Alzheimer fortement concerné parmi les formes de démence.

Des médicaments courants sous surveillance

La communauté scientifique s’interroge de plus en plus sur l’impact à long terme des anticholinergiques, ces médicaments fréquemment prescrits contre la dépression, les allergies ou encore la vessie hyperactive. Récemment, une méta-analyse publiée dans la revue Neurology and Urodynamics a mis en lumière un lien préoccupant : un usage continu d’au moins trois mois ferait grimper le risque de développer une démence – et notamment la maladie d’Alzheimer – de 46 %.

L’ampleur du phénomène mondial

En 2021, près de 57 millions de personnes vivaient avec une forme de démence à travers le globe, selon les chiffres les plus récents. La maladie d’Alzheimer, qui représente à elle seule jusqu’à 70 % des cas, reste la principale inquiétude. À mesure que la population vieillit, ce fardeau sanitaire ne cesse de croître.

Mécanismes en jeu et effets constatés

Mais comment ces médicaments agissent-ils ? Les anticholinergiques bloquent l’action de l’acétylcholine, un neurotransmetteur clé pour la mémoire et les fonctions cognitives. Lorsqu’on sait que l’acétylcholine joue un rôle central dans l’apprentissage et le rappel des souvenirs, on comprend mieux pourquoi leur usage prolongé pourrait s’avérer risqué. Les catégories concernées englobent notamment :

  • les antidépresseurs tricycliques ;
  • certains antihistaminiques ;
  • les traitements pour la maladie de Parkinson ;
  • et surtout les médicaments destinés à contrôler une vessie hyperactive.

D’après cette méta-analyse reposant sur l’examen de vingt-et-une études internationales – dont six synthétisées dans l’analyse finale –, la corrélation entre exposition longue et apparition d’une démence apparaît robuste. L’effet est même renforcé au fil du temps, suggérant une relation dose-dépendante.

Alerte chez les seniors : vigilance accrue recommandée

Des travaux menés par des chercheurs de l’Université de Nottingham viennent renforcer cette sonnette d’alarme. Selon leurs observations sur plus de 58 000 patients diagnostiqués et quelque 225 000 témoins, prendre quotidiennement des anticholinergiques puissants pendant trois ans ou plus augmente quasi de moitié le risque d’être touché par une forme de démence après 55 ans.

Si prescrire ces traitements demeure parfois nécessaire, leurs bénéfices doivent être soigneusement pesés face à ce danger potentiel : ainsi concluent les auteurs, rappelant qu’« L’utilisation prolongée d’anticholinergiques doit désormais être considérée avec précaution chez les adultes âgés » ».