Une étude révèle la consommation réelle de malbouffe grâce à l’analyse du sang et de l’urine

Image d'illustration. HamburgerADN
Une récente étude révèle qu’il est désormais possible d’évaluer la consommation réelle d’aliments ultra-transformés grâce à l’analyse du sang et de l’urine, offrant ainsi un nouvel outil objectif pour mesurer l’impact de la malbouffe sur la santé.
Tl;dr
- Les métabolites révèlent la consommation d’aliments ultra-transformés.
- Méthode objective, moins biaisée que les questionnaires alimentaires.
- Des validations sont nécessaires dans diverses populations.
Des limites des questionnaires alimentaires à la révolution métabolique
En matière de recherche nutritionnelle, il subsiste une difficulté majeure : comment évaluer précisément la part des aliments ultra-transformés (UPFs) dans notre alimentation ? Depuis longtemps, les études reposent surtout sur des questionnaires autodéclarés. Pratiques, mais imparfaits, ces outils souffrent d’oublis, de sous-estimations et d’une catégorisation parfois hasardeuse. Qui plus est, ils peinent à fournir des détails essentiels sur la manière dont les aliments ont été transformés ou sur les ingrédients industriels incorporés. Résultat : les liens entre régime alimentaire et risque de maladie chronique s’en trouvent souvent dilués.
L’approche innovante des biomarqueurs
Face à ce constat, le champ de la métabolomique s’est ouvert comme une perspective prometteuse. Les chercheurs du National Institute of Health aux États-Unis ont choisi d’exploiter les traces chimiques – ou métabolites – présentes dans le sang et l’urine après ingestion d’UPFs. Ces petits composés reflètent fidèlement la transformation des aliments par l’organisme et offrent ainsi un aperçu biologique du régime suivi.
Pour mieux comprendre cette avancée, voici ce qu’ils ont mis en place :
- Évaluation du pourcentage de calories issues d’UPFs chez chaque participant.
- Comparaison avec la concentration de centaines de métabolites spécifiques dans le sang et l’urine.
- Sélection, via algorithme, des molécules les plus significatives pour former un « poly-metabolite score ».
L’analyse a distingué nettement certains métabolites liés à une forte consommation d’UPFs ; inversement, ceux associés aux légumes étaient plutôt présents chez les consommateurs modérés.
Vers une mesure objective et personnalisée
Afin de tester cette méthode, une expérimentation rigoureuse a été conduite au NIH Clinical Center. Des volontaires ont suivi successivement un régime très transformé puis un autre peu transformé pendant deux semaines chacun. Les résultats sont frappants : le « poly-metabolite score » permettait aisément de différencier les deux régimes, y compris pour un même individu.
Perspectives et vigilance sur la généralisation
Il reste quelques zones d’ombre : l’échantillon étudié était essentiellement composé de personnes âgées et caucasiennes. De nouvelles études devront donc valider ces marqueurs auprès d’autres profils démographiques. Mais déjà, cette approche basée sur les biomarqueurs objectifs pourrait transformer aussi bien la recherche nutritionnelle que les recommandations de santé publique face au défi posé par l’omniprésence des aliments ultra-transformés.
