Un tiers des démences serait causé par des maladies extérieures au cerveau

Image d'illustration. Gros plan de modèles de cerveau colorés démontrant la santé cognitiveADN
Selon de récentes recherches, un tiers des cas de démence serait associé à des maladies situées ailleurs que dans le cerveau. Cette découverte met en lumière l’importance des facteurs extérieurs au système nerveux central dans le développement de la maladie.
Tl;dr
- Un tiers des démences liées à des maladies périphériques.
- Maladies comme diabète ou surdité impliquées dans le risque.
- Nouvelle approche : prévenir ces maladies pour réduire la démence.
Des liens inattendus entre la démence et le reste du corps
La compréhension de la démence connaît un tournant majeur. Si l’on a longtemps cru que ce trouble cognitif était exclusivement ancré dans le système nerveux central, une nouvelle synthèse de plus de 200 études vient bouleverser cette certitude. Selon cette analyse dirigée par des chercheurs de l’Université Sun Yat-sen en Chine, près d’un tiers des cas mondiaux – soit environ 19 millions de personnes – pourraient être associés à des maladies qui n’ont rien à voir, du moins en apparence, avec le cerveau.
Des maladies périphériques dans le viseur
Le spectre des affections concernées est large. Sur les vingt-six pathologies analysées, seize affichent un lien significatif avec la survenue d’une démence. Les plus marquantes ? La parodontite, les maladies chroniques du foie, la perte auditive, les troubles de la vision et le diabète de type 2. D’autres facteurs, tels que l’arthrose, l’insuffisance rénale ou les maladies cardiovasculaires montrent une corrélation moindre, mais notable.
Les données issues de cette revue systématique mettent également en lumière quelques surprises : certaines affections bien connues pour impacter la santé globale (hypertension, obésité ou dépression) n’ont pas révélé ici d’association significative avec la démence. Un constat qui pourrait bousculer bien des préjugés médicaux.
Nouvelles pistes pour la prévention et la recherche
Face à ces découvertes, un constat s’impose : il est devenu difficile pour les spécialistes de se cantonner à une lecture purement neurologique de ces pathologies. Les axes reliant le cerveau au foie, aux intestins ou encore au système immunitaire restent largement inexplorés. Pourtant, certaines études récentes avancent que des interventions simples – comme porter un appareil auditif ou traiter une cirrhose hépatique – pourraient limiter le déclin cognitif.
Pour mieux cerner cette multitude d’influences, voici les principales maladies périphériques associées à un risque accru :
- Parodontite
- Maladies chroniques du foie
- Perte auditive et visuelle
- Diabète de type 2
L’avenir du traitement : sortir du tout-cérébral ?
La perspective émergente invite donc à repenser les stratégies médicales : peut-être certains échecs cliniques tiennent-ils au fait qu’on a longtemps considéré que « la démence débute dans le cerveau ». Or, selon plusieurs experts cités dans la revue, ignorer l’impact du métabolisme général ou du système immunitaire sur la santé cérébrale serait réducteur. Comme le résume un neuroscientifique de l’Université de Toronto, « Aucun cerveau n’est une île ». Reste maintenant à voir comment cette nouvelle vision influencera recherches et politiques de santé publique dans les années à venir.
