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La présence de moisissures dans les habitations augmenterait le risque d’asthme chez l’adulte

Actualité > Recherche > Quotidien > Asthme
Par Germain Montor,  publié le 15 février 2026 à 8h00.
Mur avec moisissure noire et peinture écaillée

Image d'illustration. Mur avec moisissure noire et peinture écailléeADN

Une récente étude met en lumière un lien préoccupant entre la présence de moisissures dans les habitations et une augmentation du risque de développer de l’asthme chez les adultes, soulignant l’importance d’un environnement intérieur sain.

Tl;dr

  • Moisissures : risque d’asthme confirmé chez l’adulte.
  • Surface contaminée, même minime, aggrave les symptômes.
  • Aération et ventilation réduisent significativement le danger.

Moisissures et asthme : des liens désormais clairement établis chez l’adulte

Jusqu’à récemment, la question restait en suspens. Si les effets délétères des moisissures domestiques sur l’asthme infantile étaient bien connus, le risque pour l’adulte n’était pas aussi évident. Or, une avancée majeure vient d’être présentée au Congrès de pneumologie (CPLF 2026), révélant que la présence de moisissures dans un logement augmente non seulement la probabilité de développer un asthme chez l’adulte, mais intensifie également les symptômes pour ceux déjà atteints.

Un suivi inédit grâce à la cohorte CONSTANCES

Au cœur de cette découverte, le travail minutieux des chercheurs Laurent Orsi et Rachel Nadif, membres du Centre de recherche en Épidémiologie et Santé des Populations (Inserm 1018). Leur étude s’est appuyée sur la vaste cohorte épidémiologique française CONSTANCES, impliquant un suivi médical tous les quatre ans via questionnaires et analyses sanguines. Près de 2 000 adultes — certains asthmatiques, d’autres non — ont été observés entre 2012 et 2021. Tous avaient renseigné précisément leur exposition à la contamination fongique dans leur habitation.

L’étendue du problème : facteurs aggravants et pistes préventives

Le constat est frappant : 32 % des participants ont signalé la présence visible de moisissures. D’autres facteurs venaient s’y ajouter, parmi lesquels :

  • Dégâts des eaux
  • Mauvaise ventilation
  • Difficultés de chauffage ou aération insuffisante
  • Tâches d’humidité persistantes

Même une faible surface contaminée (moins d’un mètre carré) pouvait déjà accroître significativement le risque ou aggraver les manifestations cliniques. Un point ressort cependant avec force : l’habitude d’aérer régulièrement son logement et de disposer d’un système de ventilation efficace réduit sensiblement ces risques.

Les mécanismes biologiques derrière la réaction inflammatoire

Pour aller plus loin, le projet MOLDASTH a permis aux scientifiques d’analyser près de 2 000 échantillons issus de la biobanque CONSTANCES afin d’identifier les mécanismes sous-jacents. Résultat : l’exposition aux moisissures active une voie inflammatoire spécifique dite « T2 », caractérisée par certains médiateurs (TARC, RANTES, éotaxine-3, TSLP). Chez les personnes présentant un asthme associé à une élévation des éosinophiles — ce type particulier de globules blancs — il devient pertinent pour les praticiens de suspecter une exposition fongique et d’envisager son élimination du domicile.

Cette étude éclaire enfin le rôle central des moisissures dans l’asthme adulte, appelant à redoubler de vigilance quant à la qualité de l’air intérieur.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Moisissures et asthme : des liens désormais clairement établis chez l’adulte
  • Un suivi inédit grâce à la cohorte CONSTANCES
  • L’étendue du problème : facteurs aggravants et pistes préventives
  • Les mécanismes biologiques derrière la réaction inflammatoire
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