Augmenter sa consommation de fibres pourrait réduire la présence de PFAS dans l’organisme, selon une étude

Image d'illustration. Aliments riches en fibresADN
Une récente étude révèle qu’une consommation accrue de fibres alimentaires pourrait contribuer à réduire la concentration de substances chimiques PFAS dans l’organisme, suggérant ainsi un lien potentiel entre alimentation et diminution de ces polluants persistants.
Tl;dr
- Les fibres pourraient réduire les concentrations de PFAS.
- Les « polluants éternels » restent très présents dans l’organisme.
- Augmenter l’apport en fibres offre divers bénéfices santé.
Des fibres contre les « polluants éternels » ?
La question des *PFAS*, ces substances surnommées « *polluants éternels* », suscite de plus en plus d’inquiétudes à travers le monde. Présents dans l’*eau*, le *sol*, la *nourriture* ou encore l’*air*, ces composés chimiques se retrouvent aujourd’hui chez plus de 98% des habitants aux États-Unis. Leur persistance dans l’organisme et leur association avec divers problèmes de santé – du cancer à l’hypercholestérolémie, sans oublier certains troubles de la fertilité – sont désormais documentés.
Une étude suggère un effet bénéfique des fibres
Dans ce contexte, une nouvelle étude menée auprès de 72 hommes adultes présentant un taux élevé de cholestérol fait émerger une piste intéressante. Des échantillons sanguins, prélevés lors d’un essai clinique sur une boisson riche en fibres à base d’avoine, ont permis d’observer que les participants ayant suivi un régime enrichi en fibres affichaient des niveaux nettement inférieurs de *PFAS à longue chaîne* par rapport à ceux consommant une boisson pauvre en fibres. Ce constat fait écho à des résultats déjà obtenus chez l’animal.
Comment expliquer cette différence ? Selon la toxicologue médicale du MedStar Georgetown University Hospital, le mécanisme serait proche de celui observé pour le cholestérol. Elle explique ainsi : « Comme les fibres peuvent se lier au cholestérol pour empêcher son absorption, il est probable qu’elles capturent également les PFAS, limitant ainsi leur passage dans le sang via l’intestin puis le foie. »
Mécanismes et enjeux sanitaires
Lorsque nous consommons des aliments riches en fibres, celles-ci forment un gel dans notre tube digestif qui entrave non seulement l’assimilation des graisses mais aussi – selon cette étude – celle de certains polluants persistants comme le *PFOA* et le *PFOS*. Même si ces deux substances ne sont plus utilisées aux États-Unis depuis quelques années, leur dégradation prend beaucoup de temps. De nouveaux types de *PFAS*, eux, s’élimineraient plus rapidement du corps, sans que cela les rende inoffensifs pour autant. Un expert du magazine Consumer Reports rappelle : « La rapidité d’excrétion n’annule pas la toxicité potentielle des nouveaux PFAS. »
Astuces pour limiter son exposition aux PFAS
Faut-il alors revoir nos habitudes alimentaires ? Rien ne prouve encore que les fibres permettent réellement de contrecarrer tous les effets nocifs des *PFAS*. Néanmoins, adopter une alimentation riche en fibres (25 à 30 g par jour) procure d’autres avantages avérés : prévention du diabète ou réduction du risque de cancer colorectal. Pour ceux souhaitant augmenter leur consommation quotidienne, il convient cependant d’y aller progressivement afin d’éviter ballonnements et inconfort digestif :
- Introduire les fibres petit à petit dans son alimentation
- S’assurer d’une bonne hydratation quotidienne
Réduire sa propre exposition passe aussi par des gestes simples : installer un système de filtration pour son eau potable ou bannir les ustensiles antiadhésifs de sa cuisine peut s’avérer utile face à ces substances omniprésentes.
