L’horloge biologique : un facteur méconnu dans le risque de développer une démence

Image d'illustration. Alzheimer, démence. ADN
Le rythme biologique interne, souvent appelé horloge corporelle, pourrait jouer un rôle déterminant dans le développement de la démence. De récentes études mettent en lumière l’impact du cycle veille-sommeil sur la santé cérébrale à long terme.
Tl;dr
- Rythmes circadiens faibles augmentent le risque de démence.
- Pics d’activité tardifs liés à un risque accru.
- Désynchronisation impacte sommeil, inflammation et plaques amyloïdes.
Le corps humain : l’horloge qui influence la mémoire
Lorsque notre quotidien est rythmé par les horloges, on oublie que le corps, lui aussi, possède sa propre « montre » : le rythme circadien. Cette horloge interne régule le cycle veille-sommeil, la température corporelle ou encore la sécrétion hormonale. Or, une récente étude parue dans la revue Neurology vient de mettre en lumière l’impact direct de ce rythme sur le risque de développer une démence. Si le sujet paraît abstrait, les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon l’Organisation mondiale de la Santé, près de 57 millions de personnes vivaient avec une démence dans le monde en 2021.
Démence : définition et conséquences au quotidien
Sous le terme générique de « démence » se cachent diverses maladies qui altèrent progressivement la mémoire et les fonctions cognitives. Ces troubles neurologiques compliquent les gestes courants, bouleversant la vie des patients et celle de leurs proches. Le vieillissement reste l’un des principaux facteurs aggravants : plus on avance en âge, plus la probabilité augmente.
Une étude met en cause nos rythmes quotidiens
Les scientifiques du Peter O’Donnell Jr. School of Public Health, à Dallas, ont suivi plus de 2 100 personnes âgées d’environ 79 ans, toutes indemnes de démence au début du projet. Ces participants ont porté des capteurs mesurant leur activité pendant douze jours afin d’étudier finement leurs rythmes circadiens. Au fil des trois années suivantes, 176 cas de démence ont été diagnostiqués.
Quelques tendances marquantes ressortent :
- Rythme faible ou fragmenté : près de deux fois et demie plus de risques.
- Pic d’activité tardif (après 14 h 15) : hausse du risque estimée à 45 %.
Des pistes pour mieux protéger son cerveau ?
D’après la chercheuse principale Wendy Wang, ces dérèglements pourraient favoriser l’inflammation ou perturber le sommeil. Conséquence possible : une accumulation accrue de plaques amyloïdes dans le cerveau – marqueur bien connu des maladies neurodégénératives. Dès lors, ajuster son exposition à la lumière naturelle ou stabiliser ses horaires pourrait-il réduire le risque ? C’est là tout l’enjeu des futures recherches.
En attendant, chacun peut déjà prêter attention à son « horloge interne » : respecter un rythme régulier semble contribuer autant à la qualité du sommeil qu’à celle du vieillissement cérébral.
