Selon une étude, l’ingénierie des rêves pourrait améliorer vos capacités à résoudre des énigmes

Image d'illustration. Un bon sommeil. ADN
Selon une étude récente, il serait possible d’améliorer ses capacités à résoudre des énigmes grâce à une technique appelée « Dream Engineering », qui consiste à orienter le contenu de ses rêves afin de stimuler la réflexion et la créativité.
Tl;dr
- Les rêves peuvent être influencés par des sons ciblés.
- Résolution de problèmes améliorée après des rêves manipulés.
- Étude limitée à de petits groupes de rêveurs lucides.
Quand la science s’invite dans nos rêves
Difficile de ne pas penser au film Inception en découvrant les derniers travaux menés par une équipe de chercheurs de la Northwestern University. Leur ambition ? Tester si l’on peut guider le contenu des rêves pour aider à résoudre des énigmes restées sans solution à l’état d’éveil. Un pari audacieux, qui rapproche la fiction de la réalité.
Des expériences au cœur du sommeil
Pour cette étude, vingt volontaires ont été recrutés – la plupart étant des *rêveurs lucides*, capables de reconnaître qu’ils rêvent lorsqu’ils dorment. Chaque participant devait relever plusieurs *casse-têtes*, chacun associé à une bande-son spécifique. Plus tard, pendant leur sommeil, les chercheurs diffusaient certains de ces sons pour tenter d’orienter le contenu onirique vers les énigmes non résolues.
Les résultats ne se sont pas fait attendre. Sur douze participants dont les rêves ont été ciblés, la moitié a reconnu avoir rêvé des puzzles, et leur capacité à résoudre ces problèmes a bondi : de 20 % initialement à 40 % après le sommeil. Plus globalement, lorsque les énigmes apparaissaient effectivement dans les rêves, le taux de résolution grimpait à 42 %, contre seulement 17 % chez ceux qui n’avaient pas rêvé des casse-têtes concernés.
L’influence discrète, mais tangible du rêve
Si certains sujets ont manifesté leur prise en compte des indices sonores (par des mouvements oculaires ou d’autres signaux corporels), d’autres ont rapporté des expériences étonnantes : « Même sans lucidité, un rêveur a demandé l’aide d’un personnage de son rêve pour résoudre notre énigme », confie la neuroscientifique Karen Konkoly. Un autre, incité par un puzzle sur les arbres, s’est réveillé d’un rêve en pleine forêt ; une participante s’est retrouvée à pêcher dans la jungle tout en réfléchissant à l’énigme suggérée.
On retiendra néanmoins que cette manipulation du rêve a principalement concerné un petit groupe rompu aux expériences oniriques conscientes. Reste aussi l’hypothèse que d’autres facteurs puissent influencer tant le contenu du rêve que la performance ultérieure face aux problèmes.
Vers une nouvelle approche de la créativité ?
Pour l’équipe dirigée par le psychologue Ken Paller, ces premiers résultats ouvrent une porte fascinante sur les mécanismes cérébraux impliqués dans la création et la résolution : « Mieux comprendre comment notre cerveau génère des idées neuves et créatives pourrait bien nous rapprocher de solutions innovantes pour les défis actuels ». La recherche doit désormais s’élargir à d’autres profils et types de problèmes pour consolider ses conclusions. Mais déjà, certains y voient un argument supplémentaire pour considérer le rôle fondamental du *sommeil* – et surtout du *rêve* – dans notre équilibre mental et notre capacité d’innovation.
