Menu
Actusante.netActusante.net
  • Actualité
    • Cigarette électronique
    • Acné
    • Appareil et Aide Auditifs
    • Montessori
  • Nutrition
    • Alimentation
    • Complément alimentaire
    • NutriBrain.fr
Actualité

Une maladie rare pourrait offrir une protection cérébrale contre la schizophrénie

Actualité > Recherche > Cerveau > Maladie
Par Germain Montor,  publié le 14 mai 2026 à 8h00.
Modèle de cerveau en gros plan

Image d'illustration. Modèle de cerveau en gros planADN

Des chercheurs ont découvert qu’une affection rare pourrait réduire le risque de développer la schizophrénie. Cette observation ouvre de nouvelles perspectives pour mieux comprendre les mécanismes biologiques de cette maladie mentale et explorer des pistes de prévention innovantes.

Tl;dr

  • Aucune schizophrénie recensée chez les aveugles de naissance.
  • Le cortex visuel joue un rôle clé de protection.
  • De nouvelles pistes de traitement émergent de cette découverte.

Une énigme neurologique persistante

Il y a plus de soixante-dix ans, une observation passée presque inaperçue allait pourtant semer le trouble dans la compréhension de la schizophrénie. Les travaux conjoints du romancier Hector Chevigny, devenu aveugle à l’âge adulte, et de la psychologue Sydell Braverman, ont révélé un fait intrigant : aucun cas documenté de schizophrénie n’a été observé chez les personnes atteintes de cécité corticale congénitale. Malgré un intérêt initial limité, cette constatation a progressivement gagné du poids avec l’émergence de grandes bases de données médicales.

L’exception des aveugles congénitaux confirmée par la science

Un demi-siècle plus tard, l’analyse rigoureuse des registres nationaux a permis d’étayer ce curieux constat. Une vaste étude menée en 2018 sur près d’un demi-million d’enfants nés en Australie occidentale a ainsi identifié 1 870 cas de schizophrénie — mais pas un seul parmi les 66 enfants souffrant de cécité corticale congénitale. Ce schéma persiste malgré la faible taille des échantillons et s’impose comme une anomalie statistique robuste : jamais un individu né aveugle par atteinte du cortex visuel n’a développé la maladie. À l’inverse, ceux ayant perdu la vue plus tard ou pour des raisons périphériques ne bénéficient d’aucune telle « immunité ».

Cortex visuel : centre névralgique des prédictions cérébrales

Mais pourquoi le cortex visuel semble-t-il offrir cette protection ? L’explication s’inscrit dans une nouvelle conception du fonctionnement cérébral. Selon les neurosciences contemporaines, la schizophrénie résulterait en partie d’un dysfonctionnement du système prédictif du cerveau. Concrètement, notre cerveau anticipe sans cesse le monde extérieur puis confronte ses attentes aux signaux sensoriels reçus. Or, chez les personnes affectées, ces signaux faibles ou aléatoires prennent une importance démesurée ; frontières entre réalité et imagination se brouillent.

Il est intéressant de noter que chez l’aveugle congénital, le cortex visuel — immense zone cérébrale — est réaffecté à d’autres tâches (langage, mémoire), réduisant ainsi le flux d’informations visuelles ambiguës susceptible d’alimenter ces dérives prédictives. La liste suivante synthétise ce phénomène :

  • Cécité corticale congénitale : réorganisation précoce du cortex visuel.
  • Diminution des signaux sensoriels incertains.
  • Baisse du risque d’erreurs prédictives associées à la schizophrénie.

Nouvelles perspectives thérapeutiques et questionnements

Bien sûr, il serait absurde d’imaginer provoquer la cécité comme mesure préventive. Cependant, ce phénomène éclaire des pistes prometteuses : certaines recherches se tournent désormais vers le rôle du glutamate — neurotransmetteur central dans l’apprentissage et la communication neuronale, particulièrement actif dans le cortex visuel. Comprendre comment se structure un cerveau privé dès la naissance de signaux visuels pourrait bien ouvrir la voie à des traitements novateurs visant non seulement la chimie cérébrale (dopamine) mais aussi le système prédictif lui-même.

Ce paradoxe neurologique invite chercheurs et cliniciens à repenser leur approche face à l’un des troubles psychiatriques les plus complexes qui soient. Un rappel inattendu qu’en matière de cerveau humain, même les énigmes oubliées peuvent réorienter toute une discipline scientifique.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Une énigme neurologique persistante
  • L’exception des aveugles congénitaux confirmée par la science
  • Cortex visuel : centre névralgique des prédictions cérébrales
  • Nouvelles perspectives thérapeutiques et questionnements
En savoir plus
  • Une éruption volcanique lointaine identifiée comme cause majeure des ravages de la Peste Noire
  • Des caillots sanguins conçus par des chercheurs stoppent les hémorragies graves en quelques secondes
  • Des chercheurs révèlent qu’inhiber une protéine freine la progression du cancer chez la souris
Vous aimez nos contenus ?
Recevez chaque jour nos dernières publications gratuitement et directement dans votre boite mail
Recevoir la newsletter
  • Mentions Légales
  • Archives
  • Gestion des données personnelles
  • Cancer
  • Alimentation
  • Médicament
© 2026 - Tous droits réservés sur les contenus du site Actusante.net