Le cannabis mauvais pour la santé mais la prohibition ne marche pas

Jean Marie Le Guen souhaite, lui aussi, un débat sur la prohibition du cannabis. Médecin de profession, il milite désormais pour une législation contrôlée de la drogue la plus consommée dans l’hexagone.

Invité par nos confrères de “BFM TV”, le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement estime que la prohibition du cannabis doit être discutée. Pour lui : “La prohibition n’amène pas la diminution de la consommation. Notre pays est l’un de ceux qui consomment le plus dans la jeunesse“. Un avis partagé par de plus en plus de ténors du parti socialiste mais aussi par de nombreux politiques de gauche.

Se battre contre la consommation de cannabis chez les jeunes

Le secrétaire d’Etat estime qu’il “faut réfléchir aux meilleures politiques publiques. Il faut discuter des modalités. Moi, je ne veux pas arriver avec une solution toute faite. Je dis que la situation actuelle ne marche pas, que ce soit au niveau des trafics et de la culture de ‘gangsterrorisation’ en quelque sorte que cela crée. Je pense qu’il faut peut-être aller vers des mécanismes de légalisation contrôlée mais surtout avec des politiques d’éducation et de santé publique“.

L’ancien médecin précise : “Je suis un homme de santé publique. Je me suis toujours battu contre la consommation d’alcool, de tabac, et je me battrai toujours contre la consommation de cannabis chez les jeunes. Mais la prohibition n’est pas efficace. Il faut armer les jeunes pour véritablement les convaincre, il faut pouvoir leur tendre la main pour qu’ils ne restent pas dans cette consommation qui est dangereuse. C’est donc une approche sanitaire que je propose, et non pas une approche morale ou juridique“.

Dire enfin la vérité

Jean Marie le Guen n’a pas mâché ses mots et “propose que le Parti socialiste dise enfin la vérité, propose une vérité. L’interdit moral ne crée rien du tout, il crée beaucoup de dégâts dans la société française“.

Pour le secrétaire d’Etat, la solution passerait par une levée sélective des interdits pour les adultes de plus de 21 ans et ce dans un cadre privé et une législation contrôlée. Aux fervents défenseurs de la pénalisation de la consommation de cannabis, il les somme d’expliquer pourquoi les mesures appliquées depuis trois décennies ne fonctionnent pas. Un tel débat sera cependant difficile à concrétiser tant le sujet reste tabou.